Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

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M. DUC.

bol

commencement du siècle ces mouvements si brusques, si opposés, qui
ont marqué, par exemple, les productions de la peinture en France, il
n’est pas trop difficile à un œil exercé de reconnaître, même dans l’en-
semble des œuvres inférieures semées dans nos villes agrandies, la
marque de l’époque de la Restauration, du règne de Louis-Philippe et
du second Empire. L’importance relative seule des plans suivant les-
quels ces transformations se sont opérées est déjà elle-même un signe
distinctif; comme on pourrait dire de l’architecture de Louis XIV que la
grandeur qui dominait invinciblement toute cette époque se traduit par
la largeur de ses voies, la hauteur de ses étages, l’ampleur de ses formes,
indépendamment de son style même.

Ce n’est pas sans doute dans l’hôtel privé, dans la monotone maison
où les locataires se rangent comme dans un meuble, qu’il faut chercher
l’expression d’un art bien arrêté, mais on ne saurait l’y méconnaître, et
si nos successeurs peuvent reprocher à notre temps de n’avoir pas su
faire la part assez grande à l’élément d’art dans l’énorme développement
de l’industrie, cette abondance même dans la production, cette maigreur
économique, ce soin du détail, les habiletés des arrangements des inté-
rieurs et des combinaisons des plans, y seront certainement la marque
des recherches de notre génération en architecture.

Il y a peut-être là une sorte d’invasion de bourgeoisie dans l’art qui
ne sera pas sans conformité avec nos tendances dans le domaine de la
politique et avec nos transformations sociales, et qui justifiera une fois
de plus cette vérité, que l’architecte est un auxiliaire précieux pour
l’historien.

Si cette production hâtive,, traduction de nos besoins, qui s’est faite
par tout un monde de constructeurs plutôt que d’artistes, a coulé
pleine de scories et s’est répandue comme une lave grossière, ce n’est pas
sans emprunter, dans sa course, aux jets puissants des maîtres des élé-
ments constituants de formation et de composition qui ont servi à fixer
les formes quelle laissait après elle. C’est seulement ainsi qu’elle a subi
l’influence des chefs d’école, comme l’artiste éminent à qui cette notice
est consacrée.

Parallèlement au mouvement littéraire de la Restauration, suivi du
Romantisme, on a vu des maîtres dessinateurs en architecture, s’inspi-
rant de ce même esprit chercheur, curieux du passé et du lointain,
parfois plus soucieux de l’étrangeté que de la logique, se lancer,
appuyés de l’archéologie et des découvertes que les voyages aux
pays nouveaux mettaient en lumière, et faire revivre des formes aban-
données, pendant que d’autres prétendaient créer tout d’une pièce un
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