Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 27.1902

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COURRIER DE L’ART ANTIQUE

Autrefois, on restaurait les statues
mutilées, et l'on avait tort; aujourd’hui,
on les restitue, et l’on a raison. Ces deux
opérations présentent des analogies su-
perficielles et peuvent, dans certains cas,
aboutir à des résultats identiques ; mais
il existe entre elles des différences pro-
fondes, sur lesquelles il n’est pas inutile
d’insister.

Le restaurateur obéit à des préoc-
cupations d’ordre esthétique ; mis en
présence d’un torse sans bras, d’une statue sans tête, il cherche à reconstituer un
ensemble dont l’aspect soit agréable à ses yeux et qui satisfasse le goût de ses
clients. Trop souvent, docile à une idée préconçue, ou par déférence pour un
caprice d’amateur, il modifie et élimine en partie les fragments de l’œuvre origi-
nale ; de la restauration au vandalisme il n’y a qu’un pas. Ce pas a été tant de
fois franchi que les restaurateurs sont l’objet, depuis un demi-siècle, de toutes
les colères de la critique; on a même oublié, dans la chaleur du combat, les
services réels qu’ils ont rendus. Car les débris de l’art antique ne seraient jamais
devenus populaires, ils n’auraient pas exercé sur le goût moderne une influence,
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