Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 1.1920

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LE JOUR DES MORTS DANS UN VILLAGE CORSE (NOVEMBRE I g I g )
PAR M. L.-CH. CANNICCJONI
(Société des Artistes français.)

LES SALONS DE 1920

(deuxième article1)

LA SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS

On éprouve en entrant ici la désolation des grands espaces. L’inter-
minable estdevant vous. Lorsque, d’un pas intrépide, vous avez par-
couru quarante-trois salles, dontl’une, celle des « grandes machines »,
aies dimensions d’une plage de l’Océan, il vous faut,telle uneDanaïde, recom-
mencer et suivre des balcons sans terme où mille dessins vous sollicitent. Vous
descendez, et c’est, encadrant l’immense nef où s’érigent des multitudes
de formes blanches, des salles encore et des balcons aussi qui s’allongent
inlassablement. Cequ il y a là de rotondes et de galeries, de courses possibles
à la poursuite de la Beauté, de contours, de pourtours et de détours,
M. Deglane lui-même le sait-il P « Marche, éternel voyageur! »

Cet excès dans le déploiement des œuvres d’art, le Grand Palais devait y
entraîner les artistes en apparaissant, immense et jeune, sur les ruines du
Palais de 1 Industrie, devenu vieux à quarante ans et réputé trop étroit. La
place appelle l’œuvre, et le cadre le tableau. A ce point qu’aujourd’bui m les
coupes tragiques de la guerre, ni les énormes difficultés économiques du travail
n’ontempêché ce Salon de cataloguer à soi seulplus de quatre mille cinq cents,
objets, proposés comme des objets d'art à l’admiration d un public avide de
le croire. Si un tel débordement n’a pas tourné à la déroute, ni même à la
confusion, c’est qu’il a été disposé à merveille, dont il faut louer le nouveau

i. V. Gazette des Beaux-Arts, mai uj20, p. 319.
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