Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 1.1920

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ALESSANDRO MAGNA SC O

(1667-1749)

l semble que les attaques que certains esprits
malveillants ou courts font contre le
passé soient comme une provocation à
laquelle ce passé veuille répondre ; et
nous assistons, depuis quelques années,
à des résurrections admirables. Nous
voyons ressurgir des artistes méconnus
ou oublies, des œuvi’es ensevelies depuis
des siècles. Après le Greco, génie si
justement remis sur le piédestal de l’ad-
miration, voici Alessandro Magnasco,
peintre génois à l’étrange accent, au tem-
pérament mêlé de pittoresque et de mystique.

Quoique de rares musées gardent ses ouvrages, malgré une réputation
rapidement acquise à une époque où l’art était encore adoré, Magnasco a eu
le sort des artistes passés de mode: on l’a rejeté dans l’ombre. Nous verrons
qu’il vaut mieux, et qu’il a en somme le brin de génie qui fait surnager une
œuvre sur l’océan mouvant des époques, malgré les tempêtes et malgré les
naufrages.

Les débuts de Magnasco dans la vie furent ceux des grands artistes: toutes
les misères et les contradictions s’accumulèrent sur lui: Son père, qui était
bon peintre, mourut alors qu’il était en bas âge et, plus tard, ayant été doté
d’un protecteur, on l’envoya apprendre l'arithmétique afin de l’employer à des
comptes de commerce. Ayant déclaré qu’il ne se sentait aucune inclination
pour cette science, Magnasco fut enfin présenté à Filippo Abbiati, peintrealors
fort en vogue à Milan. Magnasco se rendit vite liabile et devint célèbre dans
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