Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 30.1908

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RECUEIL

DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE

ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES

1908 Fascicules I et II

Contenu : 1) La Stèle de la fille de Chèops, par G. Darkssy. — 2) Stèle funéraire d'un taureau d'Hermon-
this, par G. Daressy. — 3) Sur une stèle de Senousrit IV, par Georges Legrain. — 4) Un dossier
sur Horoudja, fils de Haroua, par Georges Legrain. — 5) Un Egyptologue du XVIIe siècle : le Père
Kircher, par P. Marestaing. — 6) Notes et remarques, par J. Jéquier. — 7) Les Constructions
rurales de la Chaldée et de l'Assyrie, par Max Ringiîlmann, professeur à l'Institut national agrono-
mique. — 8) Sinouhît, 1. 246-247, par G. Maspero. — 9) Textes religieux, par Pierre Lacau. —
10) Le dossier de la famille Nibnoutirou, par Georges Legrain. — 11) Wanderung eines demotischen
Zeichens vom Wort-Anfang an das -Ende, von D1 Nathaniel Reich. — 12) Amuletic scarabs, etc.,
for the deceased, by A. Grenfell.

LA STÈLE DE LA FILLE DE CHÉOPS

par

G. Daressy

En juin 1858, Mariette découvrit, dans les ruines d'un temple situé au pied de la
plus méridionale des trois petites pyramides qui avoisinent à l'est la tombe de Chéops,
une stèle1 qui acquit rapidement une grande célébrité dans l'archéologie, car, à la
suite de la lecture de ses inscriptions, on avait cru pouvoir affirmer que le grand Sphinx
de Gizéh était antérieur de beaucoup au règne de Chéops. La mention que ce roi avait
construit la pyramide de la princesse ^ 1 à côté du temple où le monument a
été trouvé rappela le passage d'Hérodote (II, 126) contant de quelle étrange façon la
fille aînée de Chéops avait bâti son tombeau2 et valut à cette stèle le nom sous lequel
elle est connue. L'aspect du monument, la manière dont il est gravé, montraient évi-
demment qu'on n'avait pas là une œuvre de l'Ancien Empire et qu'il fallait y recon-
naître le faire soit de la XXIe dynastie:l, soit des Saites; mais, à la suite de M. E. de
Rougé et. de Mariette, on admettait qu'on n'avait fait que regraver la stèle primitive
effacée à la suite des siècles, et qu'on pouvait rapporter à la IVe dynastie les indica-
tions qu'elle nous fournissait1. A la longue, cette opinion trouva des contradicteurs, et
M. Flinders Pétrie, en 1883, pensait que l'inscription avait été créée de toutes pièces
sous la XXIe dynastie5. Une étude plus minutieuse des textes m'a conduit à des con-
clusions différentes de celles de mes devanciers.

Le monument, en calcaire assez fin, haut de 0m70, large de 0m42, se présente sous
la forme d'une stèle rectangulaire précédée d'une table d'offrande, ou mieux sous celle

1. N" d'entrée au Musée de Boulaq 2091; n° 581 du Catalogue Mariette; n° 882 du Catalogue Maspero
(page 207); n° 54 du Catalogue de Gizéh. La stèle est reproduite dans Mariette, Monuments dioers, pl. 53;
Album du Musée de Boulaq, pl. 27, etc.; cf. Maspero, Histoire, t. I, p. 364.

2. Il est à noter toutefois qu'Hérodote parle de la petite pyramide qui est au milieu des trois, tandis que
le temple est devant la dernière au sud.

3. Le temple a été orné par les rois Amen-m-ap et Pa-seb-khà-nut.

4. E. de Rougé, Recherches sur les Monuments, p. 46.

5. Flinders Pétrie, Pyramids of Giseh, p. 134, etc.

RECUEIL, XXX. — NOUV. SÉR., XIV.

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