Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 30.1908

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SUR LE SIGNE (Î1 175

SUR LE SIGNE ffi

par

i

G. Maspero

M. Daressy a publié clans nos Annales un modèle de sculpteur, sur lequel le signe
, pj, est représenté comme résultant de la combinaison de trois chacals ou de trois
renards liés en paquet et retombant parallèlement l'un à l'autre1. Je me suis demandé,
comme lui, si c'était là un caprice de l'artiste ou si la forme était vraiment légitime, et,
pour m'en assurer, j'ai examiné les monuments de toutes les époques pour voir si je ne
l'y retrouverais pas. Les mastabas de Sakkarah en renferment plusieurs exemples,
dont un au moins a été publié par Capart, dans le nom d'un scribe Masi, qui figure au
tombeau d'Ankhoumarâ1 : Capart pensait que l'objet est une sorte de chasse-mouches
de forme peu commune. J'ai profité des loisirs de mon inspection en Nubie, cet hiver,
pour rechercher si j'en trouverais des exemples à l'époque du second empire thébain.

Le premier endroit où je l'ai rencontrée, c'est Ipsamboul. Dans tous les grands car-
touches de style soigné, renfermant le nom de Ramsès II, le signe est fait comme il suit :

Les variantes sont plus ou moins grandes selon la place, et,
dans plusieurs endroits, elles se rapprochent beaucoup du signe
linéaire presque partout, on y reconnaît très nettement
non pas trois renards vivants ou morts, mais trois peaux de
renards vicies et flottantes. Les exemples les plus caractéris-
tiques sont ceux que l'on voit sur la base des deux colosses de
gauche et dans les inscriptions qui décorent l'embrasure de la
grande porte d'entrée. J'aurais voulu constater si cette forme
était celle qui avait été adoptée pour les grands cartouches
peints clu plafond clans la salle des Atlantes : donné l'effacement
des couleurs, ma vue ne me l'a point permis. Je n'ai pas visité
Derr cette année, et je ne puis pas dire si la forme en question
y a été employée : mais, ni à Amada, ni à Ouady-es-Sebouà, ni à Gerf-Husséin, ni à
Beit-el-Oually, je n'en ai rencontré le moindre exemple. A en juger la Nubie, elle
n'existe que sur les monuments cle Ramsès II, et, clans les monuments de Ramsès II,
que sur ceux d'Ipsamboul : partout ailleurs la forme linéaire p est seule en usage.

Passant à la Haute Egypte, je rencontre notre forme une fois à Eléphantine sur un
beau bloc qui porte en grands hiéroglyphes le nom Thoutmôsis. Mais, ni à Philse, ni à
Kom-Ombo, ni à Edfou, ni à Esnéh, dans aucun des temples d'époque ptolémaïque et
dans aucune des tombes d'âge pharaonique, je n'en ai relevé aucun exemple : elle ne re-

1. G. Daressy, Un modèle du signe [jj, dans les Annales du Sercice des Antiquités, 1903, t. IV, p. 122-
123, avec planche.

2. J. Capart. Une rua de Tombeaux à Sakkarah, Texte, p. 41; Planches, pl. XXXIII, XLVII, CIV.
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