Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 30.1908

Page: 14
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/rectrav1908/0025
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
14 STÈLE FUNÉRAIRE D'UN TAUREAU D'HERMONTHIS

vient rejoindre le second et n'a pas une forme nette. La transcription donne
TS(?)AUKRTSAUGIII.

Nous avons été amenés à attribuer la date initiale au temps d'Auguste; la salu-
tation impériale de ce dernier est en latin : IMP. CAESAR AUG., et en grec : AYTO
KPATfïP KAICAP CEBACTOC. On reconnaît dans le cartouche la plupart des éléments
d'Autokrator Augustus. Autokrator occupe le milieu du cartouche, mais le premier T
a été omis et R final remplacé par S. Pour Augustus, le commencement du mot est à
la fin du cartouche (i i i étant pour —<—, peut-être par régularisation du démotique),
tandis que le TS initial représente la fin du nom. Le troisième signe reste incertain à
moins qu'il n'ait dû être le "| qui manque dans Autokrator. Notre scribe aurait donc
fait un mélange des deux langues étrangères dont il n'avait probablement que de très
vagues notions; pareil fait n'est pas unique : on trouve, par exemple, plusieurs fois
dans les inscriptions du Nilomètre de Philse, des mentions de AYTOYCTOY KAICAPOC
qui présentent le même caractère hybride1.

Je renonce à toute tentative d'explication du second cartouche. Le graveur, auquel
la place manquait, a voulu quand même inscrire le nom dans la ligne, et il a pressé les
signes les uns contre les autres dans un cercle à peine déformé : il en est résulté une
quasi-impossibilité de déchiffrement, car non seulement les caractères ne sont pas nets,
mais on ne sait dans quel ordre les lire. On distingue y^^^rf'j, ce qui correspond aux
hachures pouvant être AA^AA, -î^=j-, ^M, ou toute autre combinaison im-

prévue avec un signe rond en haut et un ou deux traits horizontaux au-dessous.

Il résulterait cle cette inscription qu'en l'an 27 ap. J.-C, le culte des animaux
sacrés florissait encore en Haute Égypte. Du reste, le papyrus de Tanis, qui semble
avoir été un aide-mémoire de scribe et est attribué à l'époque romaine, cite trois tau-

LTI

0

reaux divins2 : ^ Apis, qui est blanc et noir, ^ Mnévis de fil , Héliopolis, qui est

Jt 'i :èr=f 111 ©

e>-=> Bachis de jl ^, Hermonthis, blanc avec la tête et le poitrail

noirs. Pourtant le Sérapéum ne nous a pas livré de monuments plus récents que les
Ptolémées; l'envahissement des sables était tel, dès cette époque, qu'on dut renoncer a
y conduire les momies des Apis, et, au temps de Strabon, les boeufs sacrés de Memphis
devaient être déposés dans une autre place que les grands souterrains désormais désertés.
Sous Néron, les faucons d'Akhmim étaient, encore soigneusement momifiés et conservés
dans des coffres ornés3; enfin, du temps de Clément d'Alexandrie, c'est-à-dire au com-
mencement du IIIe siècle, les temples nourrissaient encore leurs animaux sacrés; il est
donc probable que les Apis, Mnévis et Bachis ont été adorés jusqu'à la chute du paga-
nisme, que le taureau, dont nous avons l'épitaphe, n'est pas le dernier devant lequel se
sont prosternés les dévots.

Le lieu de sépulture des Bachis est inconnu; il est à supposer qu'il était voisin des
nécropoles d'Hermonthis, lesquelles sont à la lisière du désert, à plus de deux heures de
distance du Nil, et n'ont guère été explorées jusqu'ici. L'exemple de notre stèle, celui

1. L. Borchardt, NUmesser und Nilstandsmarken, p. 20.

2. Pétrie, Tœo hieroglyphic Papy ri from Tanis, pl. X, frag. 16.

3. Catalogua général du Musée du Caire. Faune momifiée n" 29797.
loading ...