Revue égyptologique — 1.1880

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Eugène Kevillout.

« Seigneur de l'Univers, dont les mystères et la demeure sont dans les ténèbres, et qui
» en 1 fais sortir la lumière! Seigneur des terreurs2! Goûte et dévore les serpents3 qui sont
» dans la région occidentale 4 !

« Écoute sa voix (du défunt). — Il n'est point vu grand dans Tatu5. — Il en craint les
» habitants. — Il est sans force0 !

«Il vient à sa voix, en dieu du billot7 fatal! — Il vient, comme un envoyé du
» Seigneur de l'Univers ! — Horus prend place8.

«Il fait (le défunt) toutes les supplications aux seigneurs qui sont dans la barque,
» plein9 de crainte dans le Tiaou.

«Lui-même, Horus, vient vers lui, à sa voix, et le fait entrer. — Il dit10:

« (Aussitôt) il a vue dans Héliopolis ! — H s'y tient debout !

«Les chefs — il est grand pour eux11! — Lui! — Les dieux, — les mânes12 — il
» est élevé pour eux ! — Il met en fête Héliopolis !

1 Le texte porte v._y au lieu de / ; faute évidente du lapicide.

2 X l i en copte Ttoç^ trouble et troubler. M. JBrugsch avait déjà fait connaître dans son Dict.

i w i X Q @

Hier., p. 1508 la forme redoublée (qu'il compare à «eooao et traduit comme nous), v_y x I i

signifie : seigneur des troubles ou des épouvantements, c'est-à-dire : qui cause des troubles et des épouvantements.
v__y seigneur s'emploie en effet à la fois, à ce qu'il me semble, dans un sens actif et passif, absolument comme

père, en arabe; y—^ x a serait comparable à ^LojJI ^\ qui est un des surnoms du lion). Dans

le sens passif nous trouverons plus loin v^_^ggS> seigneur de crainte, c'est-à-dire craintif. Une multitude
d'appellations injurieuses commencent de même en arabe par

3 r^Ar^isissi est ici un collectif. Pour le reste du passage j'ai tenir à traduire tout à fait mot à mot.

Les serpents, (ou les grands vers, qeiiT,) qui sont dans l'Occident pour éprouver les justes et tourmenter
les damnés se retrouvent dans ces documents égyptiens de toute époque. On les voit aussi déjà, (ainsi
que le feu dont nous parlerons ailleurs,) dans nombre de versets des prophètes qui ont le mieux connu
l'Egypte. Isaie dit des damnés (66, v. 24) : «Videbunt cadavera virorum qui praevaricati sunt in me;
vermis eorum non morietur et ignis eorum non extinguetur et erunt usque ad satietatem visionis omni
carni». Les Égyptiens n'auraient pas peint autrement leur enfer égyptien.

4 La région occidentale était pour les Égyptiens l'entrée de l'enfer comme la région orientale en
était la sortie. En effet l'âme, après la mort, suivait la marche du soleil, pendant sa course dans l'hémisphère
inférieur.

5 II n'apparaît point avec orgueil dans la région des ombres, la région de l'immutabilité.
0 Cû>ê debilis en copte. (Voir Brugsch, Dict., p. 435 et 1510.)

7 H nous aurons à revenir sur ce dieu qu'il faut identifier, je crois, avec le I _

d'un autre texte analogue, cité plus loin. Une des gloses du chapitre 17 du Rituel nous dit expressément
que «celui qui pousse les impies au billot ( fjM Pour détruire leurs âmes» c'est Horus. ( ^ pourrait
aussi marquer un génitif. Mais je crois plutôt que aaawa est le « d'étal du copte, ou bien remplace le \
du nominatif, comme cela est assez fréquent. Il paraît certain, en effet, que c'est bien Horus qui vient;
car deux versets plus loin on retrouve la même formule, sans aucune amphibologie cette fois.)

8 Horus prend sa place de juge sans lui faire connaître encore son destin. M. Pierret, à qui je viens
de communiquer mes épreuves, m'a mieux fait comprendre ce passage.

3 v_y ^2", pour cette expression voir l'une des notes précédentes.

10 Le dieu parle et aussitôt le défunt entre dans l'Héliopolis céleste, c'est-à-dire la cité des bien-
heureux. Il y a vue, c'est-à-dire il en contemple ^__^ « ^ toutes les beautés : dixit et fada est lux.

11 Voir notre commentaire pour ce changement total dans la situation du défunt.

12 Le mot '--R" me Paraît une variante de ~^n_n.'-'i^f ffi C^*c'' ^e Bruqscii, p. 1548.

Conf. 1C.40 et Todt. 124, 9).
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