Revue égyptologique — 1.1880

Page: 183
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Notes historiques sue les Ptolémées.

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§. 1er. Commençons d'abord par le règne de Philadelphe, dont nous avons parlé dans
notre premier article des Notes chronologiques, et rappelons rapidement le cadre déjà tracé
par nous.

Selon nos documents démotiques, les sacerdoces royaux, complètement officiels, ont été
d'abord établis par de véritables conciles de tous les prêtres d'Egypte. Il en fut certaine-
ment ainsi pour Epiphane et pour Évergète et très probablement aussi pour Philadelphe.
Or, les mêmes monuments, cités par nous, montrent : 1° que le sacerdoce d'Arsinoë phila-
delphe 1 fut établi le premier, antérieurement à l'an 19 de Philadelphe, puisqu'il est men-
tionné seul dans un contrat de l'an 19; 2° que le sacerdoce d'Alexandre et des dieux frères
fut institué2, (sans doute par un concile des prêtres d'Egypte), entre l'an 19 et l'an 21, puis-
qu'il figure déjà dans un acte de l'an 21. J'ajouterai que l'organisation de ce sacerdoce
d1'Alexandre et des dieux frères me semblait répondre à quelque fait militaire important, à
quelque campagne heureuse, entreprise par Philadelphe; car c'est en de telles circonstances
que de semblables honneurs furent votés pour Évergète et même pour Épiphane.

Or toutes ces ' conclusions viennent d'être confirmées d'une façon fort remarquable par
un document hiéroglyphique du Louvre, (c. 123), qui avait jusqu'ici échappé à mon attention.

Malheureusement le document en question est incomplet : nous possédons seulement un
fragment de 11 colonnes longitudinales et à chacune de ces colonnes il manque beaucoup
de texte. Cependant, tel qu'il est, il est fort intéressant.

Dès la première colonne nous constatons qu'il est question d'un Ptolémée, qui — nous le
verrons — est Ptolémée Philadelphe, et qui est intitulé, (sans doute après un nom divin) :
«fils de son flanc, qu'il aime, Ptolémée vivant comme le soleil, (aimé) de Neith, la grande
» mère divine, enfantant le soleil, roi de l'espace céleste, (Mehur), créateur de toute chose »

D'après ces indications nous voyons que ia rédaction a été taite a Sais, ce que confirme le
reste de l'inscription. Viennent après cela des récits de campagnes et de triomphes du sus-
dit Ptolémée. Les données en sont assez vagues et du reste sans cesse interrompues par
des lacunes; mais nous apprenons que le roi eut le succès le plus complet et qu'il rapporta
de son expédition des objets précieux, des tributs venant des terres de Nubie (ps^*(jjpljv'^i
To yent, conf. Beugsch, Dict. géogr., p. 615), etc. etc. Enfin il se vengea de tous ses" adver-
saires, ou, pour me servir des expressions même de notre texte, « il trancha les têtes de ses
» ennemis. Il ne resta plus de tête à ses adversaires » \j( j1 \ \\ $\ olïïj ® j <X> ^
t^LL_!)' ^e PasSe ^e reste l^eS <^ta**s sur ^es succes c^u monarque, égyptien, détails qui

1 Dans une note, ajoutée après coup à son mémoire sur la chronologie des Lagides, (p. 31,) M. Lepsids
remarquait déjà que la canépliorie d'Arsinoë avait été instituée, non pas, comme il le croyait d'abord, sous
Évergète, mais bien sous Philadelphe : «J'admettais donc, dit-il, que la canôphorie d'Arsinoë fut seule-
»ment introduite sous Évergète. Le papyrus de Leyde mentionné plus haut, (celui que M. Lepsius venait
»de trouver et qui est de l'an 29 de Philadelphe), nous apprend que déjà sous Philadelphe non seulement
»le culte des Adelphes, mais aussi le culte particulier d'Arsinoë II était fondé.»

2 Dans une autre note additionnelle de la même page 31, M. Lepsius, éclairé encore par le papyrus
de Leyde, découvrit une partie de la vérité : «Xous apprenons, dit-il, de ee papyrus, le plus ancien connu
«jusqu'à présent du temps des Ptolémées, (nous en avons maintenant de beaucoup plus anciens), que le culte
» des Adelphes fut réuni à celui d'Alexandre sous Philadelphe même, avec omission non seulement de celui
» de Philippe, d'Alexandre II, mais encore des propres parents de Philadelphe, les dieux Soter. »
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