Revue égyptologique — 4.1885

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REVUE ÉGYPTOLOGIQUE

FONDÉE

SOXJS LA DIRECTION 13E

MM. H. BRTJGSCH, F. CHABAS, ETJG. REVILLOUT.

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

libraire de la société asiatique, de l'école des langues orientales vivantes, etc. etc.

28, RUE BONAPARTE, 28, A PARIS.

IVe Volume. Nos I—IL 1885.

La REVUE EGYPTOLOGIQUE paraît tous les trois mois par numéros de six feuilles au moins, avec
planches, fac-similé etc. — Aucun numéro ne se vend séparément.
Prix de l'abonnement annuel: Paris 30 fr. — Départements 31 fr. — Étranger 32 fr.

Sommaire : Les prières pour les morts dans l'épigraphie égyptienne (E. Revilloot). — Les comptes du Sêrapéum (E. Revillout). —
Lettre à M. E. Revillout sur les contrats grecs du Louvre provenant de Faioum (Charles Wessely). — Le papyrus
grec 45 du British Muséum (E. Revillout). — Un nouvel extrait des entretiens du chacal Koufi et de la chatte
éthiopienne (E. Revillout). — Le poème de Pentaour (J. de Rougé). — Lettre à M. Revillout sur le nom de
Jacob et de Joseph en égyptien (William N. Groef). — Index du vocabulaire mythologique de M. Chabas. —
Avis. — Bibliographie. — Nota. — Correspondance. (E. R.)

LES PKIÈRES POUK LES MORTS DANS L'ÉPIGKAPÏÏIE

ÉGYPTIENNE1.

En attendant la publication de mon Corpus inscriptionum, je vais en extraire un chapitre
sur un sujet vulgaire, en apparence, et qui cependant est bien loin d'être dénué d'intérêt.

Quoi de plus intéressant, en effet, que de pénétrer jusqu'au fond dans l'âme d'un peuple,
dans ses croyances, dans ses affections, dans ses espérances. Scruter alors le jeu de sa cons-
cience (qu'on nous pardonne cette expression), c'est en quelque sorte placer la main sur son
cœur, ou plutôt dans son cœur, et, comme un célèbre physiologiste du XVIe siècle, en épier
les battements, la circulation, la vie intime. Certes, rien n'est plus beau que de savoir, selon
un axiome antique, se connaître soi-même, s'écouter soi-même, s'étudier soi-même. Mais qui
n'étudie que soi, restreint trop son cadre. L'esprit le plus vaste et le plus distingué ne nous
offre toujours que certains côtés de l'âme humaine. Il est tronqué par quelque endroit. Il
en est de même, sur une plus vaste échelle, de chaque race prise isolément. Chacune a sa
pensée à elle, sa philosophie instinctive à elle, ses aspirations à elle. Il faudrait examiner
avec soin tout cela pour connaître quelque chose de son histoire véritable, de cette histoire

1 Le travail dont je donne aujourd'hui la première partie, avait été rédigé en 1875 pour faire suite
à mes Mélanges d'épigraphie et de linguistique dans la Revue intitulée : Mélanges d'archéologie égyptienne,
fondée par M. de Rougé avec un comité de rédaction nommé par le ministre et composé de MM. Oppert,
Lenormant, Maspero, Pierret et moi. M. Pierret, secrétaire de la rédaction, avait envoyé ce 4e article à
l'imprimerie au nom du comité. Mais l'éditeur, M. Vieweg, prit sur lui de le retirer de sa propre autorité
pour en substituer d'autres. Je protestai et on nous donna raison au ministère. Mais, vu la suppression annon-
cée des Mélanges, je pris le parti de changer le titre et les premières pages de mon article en le destinant
à un autre recueil. Je le gardai quelque temps ainsi, et, il y a plus de deux ans, je l'envoyai à l'imprimeur
de la Revue égyptologique. Depuis deux ans la composition est faite et cet article attend son tour.

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