Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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traits de sa famille royale, lui envoyant une galère avec
des gentilshommes et des dames pour l’accompagner. Il
la nomma presque aussitôt dame d’honneur de l’infante
Isabelle et lui fit épouser Fabrizzio de Moncade, un des
frères de François II, prince de Paterne et vice-roi de
Sicile, lui donnant une dot de 12,000 écus et une pen-
sion annuelle de 400 écus sur les douanes de la ville de
Palerme. Mon article venait de paraître et quelques jours
après je recevais une lettre de M. Virzi de Palerme.

M’envoyant une photographie d’un portrait de vieille
femme acheté par son père et qu’on avait toujours attri-
bué à Titien et me demandant si, suivant moi, ce n’était
pas une œuvre d’Anguissola, je répondis qu’il m’était
bien difficile de me prononcer à ce sujet, lorsque,
presqu’en même temps, M. de Vesme, le très distingué
conservateur de la pinacothèque de Turin, me signalait,
à propos de mon étude, un croquis de Van Dyck repré-
sentant Anguissola et m’engageait à en demander la
reproduction à M. Herbert J. Cook, l’original étant
aujourd’hui dans un livre que possède M. le duc de
Devonshire, à Chatswert, livre qui contient les dessins et
les notes de Van Dyck à son premier voyage en Italie, et
peu de jours après, je recevais de M. Herbert Cook une
photographie d’un croquis de vieille femme entourée
d’une note manuscrite ainsi conçue :

« Portrait de la Signora Sofonisma (sic), peintre, fait
de son vivant à Palerme, l’an 1623, le 12 juillet, à l’âge de
quatre-vingt-seize ans ; sa mémoire était encore très
prompte et très heureuse; et quoique en vieillissant elle
eût perdu la vue, elle aimait cependant à mettre les
tableaux devant elle et, en approchant son nez du tableau
avec une grande attention, elle arrivait à distinguer
quelque peu et y prenait un grand plaisir. Tandis que je
faisais son portrait, elle me donna divers conseils, comme
de ne pas prendre la lumière trop haut, afin que les
ombres dans les^rides de la vieillesse ne devinssent pas
trop grandes, et beaucoup d’autres excellents avis. Elle
me conta aussi une partie de sa vie où l’on reconnaît
quelle fut admirablement peintre de nature; la plus
grande douleur qu’elle ressentit fut de perdre la vue et
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