Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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plus rare de voir apprécier et récompenser comme il con-
venait le mérite de plusieurs de nos collègues.

M. Victor Goloubeff appartient par ses origines « à la
nation amie et alliée » ; mais, comme il le rappelait hier
soir à notre banquet, c’est au « titre français » que le
généreux éditeur des dessins de Jacopo Bellini s’est vu
inscrit sur les contrôles de la Légion d’honneur.

M. Henry Martin, qui va me succéder à partir de
demain, n’est pas seulement l’auteur du Catalogue rai-
sonné des manuscrits de cette bibliothèque de l’Arsenal
où il a conquis tous ses grades avant d’y occuper le poste
suprême; il s’est depuis longtemps adonné à l’étude des
manuscrits « historiés » qu’il a tant de fois compulsés et
si soigneusement décrits; son nom fait autorité dans les
délicates questions d’attributions et d’écoles, ignorées
naguère, où il faut apporter à la fois le tact du curieux et
la compétence de l’érudit. Voilà bien longtemps que tous
ceux qui sont à même d’apprécier les travaux de M. Henry
Martin cherchaient à sa boutonnière le ruban qu’ils y
voient briller aujourd’hui, et je suis sûr que je n’ai pas
été le seul à m’écrier, en apprenant la bonne nouvelle :
« Enfin ! »

En M. Alexandre Tuetey, le ministre de l’Instruction
publique a voulu honorer un labeur de plus de quarante
ans dans le grand dépôt où il a fait toute sa carrière et
qu’ont attesté au dehors des publications également pré-
cieuses pour l’histoire de l’ancien régime et des temps
modernes. Par une délicate attention, dont nous devons
nous montrer flattés et reconnaissants, le décret qui con-
fère à M. Tuetey la rosette d’officier de la Légion d’hon-
neur rappelle parmi ses titres celui de trésorier de la
Société de l’Histoire de l’Art français, et ce m’est une
occasion toute indiquée pour lui adresser, en notre nom
à tous, le témoignage d’une gratitude parfaitement et
amplement justifiée.

« Quand il me faut louer », disait un critique à la fois
naïf et grincheux, « je ne trouve plus rien. » Je vous
assure que je ne ressens pas du tout aujourd’hui un tel
embarras, et si je n’écoutais que les suggestions de l’ami-
tié, je dirais tout le bien que je pense des livres de
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