Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

Page: 149
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bshaf1912/0165
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
— 149 ~

M. Paul Lacombe et de l’œuvre dessiné et gravé de
M. François Courboin, mais je me contenterai de vous
rappeler ici la bibliographie des Livres d’heures du pre-
mier, parce que ce sujet se rattache directement à nos
études, et les accroissements dus au second dans ce Cabi-
net des Estampes dont jadis on ne franchissait pas le
seuil sans appréhension, tant l’accueil y était parfois
rébarbatif et déconcertant.

Ces temps sont déjà loin : la gaîté bruyante et les plai-
santeries salées du regretté Henri Bouchot avaient tôt
fait de mettre à l’aise le visiteur tout de suite conquis par
la bonne grâce d’un trop modeste fonctionnaire, Auguste
Raffet, qui a été à la peine sans avoir jamais été à l’hon-
neur et qui a laissé dans le cœur de ses amis un souve-
nir ineffaçable. Les séries d’art français moderne, alors
si ridiculement pauvres quand elles n’étaient pas tout à
fait absentes, sont aujourd’hui au grand complet et les
contributions volontaires ne s’énumèrent plus tant elles
sont fréquentes. Ce résultat est dû pour une bonne part
à l’action personnelle de M. Courboin sur les artistes,
ses confrères, et sur les amateurs soucieux d’assurer un
asile définitif à leurs propres collections ou de favoriser
de leurs deniers des acquisitions que le budget de la
bibliothèque est trop souvent forcé de s’interdire.

Messieurs, si l’inoubliable perte infligée l’an dernier à
notre Musée national n’a pas appauvri les trésors de
l’École française, ce rapt sans précédent, — au moins à
Paris, — a eu pour nos études des conséquences désas-
treuses. Comme toujours en pareil cas, les honnêtes gens
ont pâti de l’audace des coquins et des mesures vexatoires
ou gênantes ont été ou sont encore appliquées aux pro-
meneurs inoffensifs. Je n’en veux rappeler qu’une seule,
pour célébrer sa prochaine disparition : les glaces qui
depuis peu couvrent la plupart des chefs-d’œuvre accro-
chés à la cimaise sont, paraît-il, à la veille de rentrer au
magasin. Si modeste qu’ait été notre rôle dans l’occur-
rence, je crois que nous pouvons sans vanité nous flatter
de n’avoir pas été tout à fait étrangers, au moins par nos
plaintes réitérées, à la libération des toiles et des pan-
neaux délivrés des reflets fâcheux qui les dénaturaient.
loading ...