Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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Ce n’est pas la besogne qui nous manquera, croyez-le
bien, quand cet ensemble sera complet. Renan écrivait
quelque part qu’il était bien tranquille pour le bonheur
de toute sa vie puisqu’il faudrait plus de cinq cents ans
pour épuiser les études sémitiques auxquelles il s’était
consacré et que si cet objet de travail venait à disparaître,
il trouverait une consolation suffisante dans les études
philologiques et historiques relatives à l’Extrême-Orient,
dignes d’occuper les savants pendant un nombre considé-
rable et indéterminé de siècles. Nous pouvons avoir la
même tranquillité que Renan. Le bonheur de notre vie est
assuré, puisque nous sommes certains de ne pas épuiser la
source de nos études. L’histoire de l’art français s’enrichit
chaque jour, car l’art français est aussi vivace que jamais.
Et viendrait-il même à disparaître que nous aurions la
ressource, pour cultiver notre joie, de nous consacrer à
celui des autres pays. Mais, Messieurs, pour que nos
efforts ne soient pas stériles, nous ne devons pas appor-
ter seulement notre travail à l’œuvre commune, nous
devons aussi faire un effort constant pour assurer la vie
et la prospérité de cette Société. Tous les ans, je pousse
ici un cri d’alarme. Cette année, il est plus ému et plus
inquiet que jamais. Notre Société est encore pleine de
vie, mais elle ne progresse plus comme à ses débuts. Nous
avons quelques morts, trop de morts, hélas! Nous avons
aussi quelques démissions. Les candidatures nouvelles
sont assez nombreuses pour combler tous les vides; elles
sont trop rares pour nous permettre une activité nouvelle.
Que chacun de nous présente un seul adhérent nouveau :
ce n’est pas beaucoup, mais c’est suffisant. Nous serons
riches alors. Et croyez bien que la fortune ne nous amol-
lira pas; au contraire : elle assurera seulement le jeu nor-
mal de notre activité et elle nous donnera pour l’avenir
cette tranquillité indispensable à la vie et à la prospérité
des œuvres humaines.
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