Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 16.1864

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LES PEINTURES DE M. GIGOUX

DANS

L’ÉGLISE SAINT-GERVAIS, A PARIS

ous ceux qui aiment la peinture (et le
nombre en est plus grand qu’on ne
pense) ont déjà vu dans l’église Saint-
Gervaiset Saint-Protais la chapelle que
vient de terminer M. Gigoux, et tous se
sont retirés très-satisfaits, très-heureux
de constater que la peinture d’histoire
n’était pas morte en France. Un artiste qui a décoré un
édifice public et qui a subi sans faiblir une telle épreuve
peut marcher la tête haute; il n’a plus de difficultés à
craindre, plus de secrets à apprendre; il est monté aux
cimes de son art.

M. Gigoux, ayant à peindre quatre sujets de la vie du
Christ, a choisi les scènes qui se prêtaient le mieux au développement d’un
spectacle touchant et pittoresque : pour la partie inférieure du mur, la
Fuite en Egypte et le Repos en Égypte; pour la partie supérieure, la

Mise au tombeau et la Résurrection. De cette histoire dont les traits
sont innombrables, il n’a représenté que le commencement et la fin.
Les deux épisodes de l’enfance du Christ se trouvant placés en regard
l’un de l’autre, à l’endroit le plus éclairé de la chapelle, l’artiste pou-
vait en quelque sorte symétriser son harmonie en peignant, dans le bas,
les deux tableaux qui permettaient la douceur et même la gaieté du ton, et
dans le haut, les scènes pathétiques. Ils sont toujours pleins de charme,
ils seront éternellement favorables à la peinture, ces sujets éternellement
répétés de la Fuite et du Repos en Égypte. Une femme qui est une
vierge et une mère, un enfant, un vieillard, des anges, un paysage et
enfin l’âne des Écritures, tout est renfermé dans une pareille donnée :
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