Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

dans les caves de l'ancien dépôt, d'où elles sortirent lors de la création du
Musée de Versailles, et enfin une série de bas-reliefs et de monuments
attend dans les magasins de Saint-Denis qu'on lui trouve une place
définitive; le reste avait été accordé à des établissements religieux et à
des particuliers qui ne se montrèrent pas toujours très soucieux de leur
conservation. De là vient que l'on a retrouvé, au hasard des ventes et
dans des collections particulières, des fragments sculptés ayant fait
partie des collections de l'Etat et dont cependant les possesseurs pou-
vaient justifier d'un titre régulier de propriété. Des monuments pré-
cieux pour l'histoire de l'art ont été moins favorisés et ont disparu sans
laisser de traces. C'est une triste conséquence de l'indifférence hostile
témoignée par le gouvernement de Louis XVIII envers la merveilleuse
collection de sculpture nationale formée par Lenoir, qui fut condamnée
à titre de création révolutionnaire.

L'art français, alors si peu en honneur, a reconquis la place légitime
qui lui est due, et nos archéologues ont fait sortir de la poussière des
archives les noms de plusieurs grands artistes de notre pays dont la
gloire avait été sacrifiée à celle de leurs rivaux d'outre-mont. Cette his-
toire, à laquelle manquaient les principaux chapitres, se complète
chaque jour, et le devoir de tons est d'y travailler pour enrichir notre
patrimoine artistique. Nous sommes heureux que le hasard nous ait per-
mis récemment de retrouver l'œuvre d'un maître du xvr siècle, oublié
depuis la dispersion du Musée des Monuments français.

Parmi les fragments sculptés de toutes les époques qui sont conservés
clans les salles de l'hôtel Carnavalet, se trouve une série de bas-reliefs
et de statuettes en pierre portant encore des traces de peinture et ayant
évidemment fait partie d'un ensemble architectural. Ces sculptures
ont été offertes au Musée municipal par M. Périlleux-Michelez, ancien
conseiller municipal, qui les avait acquises d'un marchand, avec l'indi-
cation qu'elles provenaient du calvaire du Mont-Valérien et qu'elles
étaient l'œuvre de Germain Pilon. Ni le style des bas-reliefs, ni ce que
l'on sait de l'histoire du Mont-Valérien, ne semblait confirmer cette
double attribution, quand la lecture attentive du catalogue du Musée des
Petits-Augustins est venue nous donner un renseignement positif sur la
provenance de ce monument jusqu'alors peu remarqué et — ce qui
est plus précieux — nous révéler le nom de son auteur.

Dans la huitième édition du catalogue du Musée des Monuments
français, publiée en 1806, Alexandre Lenoir décrit pour la première fois
une sorte de retable en pierre sculptée dont il venait d'enrichir la salle
du xvie siècle, qui occupait la chapelle de l'ancienne maison des Petits-
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