Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

Page: 419
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1880_2/0449
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
des

PERSONNIFICATIONS DU ROMAN DE RENART

dans l a décoration des monuments religieux

I

Il est peu de figures sym-
boliques qui se soient accro-
chées à la pierre et au bois
avec autant de ténacité que
le loup et le renard; ils s'im-
posèrent aux sculpteurs de
monuments religieux pen-
dant une période de plus de

deux siècles, comme si leurs déprédations et leurs ruses devaient être
consacrées officiellement par l'Église.

Les Allemands, les Anglais, les Flamands et les Français avaient
chanté Renart et Ysengrin dans de longs poèmes auxquels chacun de ces
peuples ajoutait de malicieuses rallonges ; une interprétation de ces
aventures fut donnée par les imagiers, qui traduisirent sur pierre les
faits et gestes des héros de Renart et nous ont rendu le service de les
faire paraître plus clairs à nos yeux que les interminables poèmes popu-
laires sur lesquels pâlissent tant de commentateurs?

Une telle popularité n'est pas de hasard et ne s'acquiert pas du pre-
mier coup. Renart, qui devait être un des premiers adversaires sérieux
de la gent monacale, ne montra pas tout d'abord l'ensemble de sa troupe
avec sa puissance agressive; comme un directeur de théâtre qui forme
des acteurs novices, il les fit débuter d'abord dans de petites pièces ma-
licieuses, mais innocentes aux yeux de L'Église, et quand la bande appa-
loading ...