Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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VOYAGE INÉDIT D'ALBERT DURER

i

La curiosité des historiens de l'art, qui
de nos jours s'est attachée de très près à
la biographie des grands artistes, a surtout
exploré deux sources de renseignements :
les témoignages écrits et les principaux
travaux des maîtres eux-mêmes. Sans doute
il est bon, il est indispensable, si l'on veut
raconter la vie d'un Raphaël ou d'un ïïol-
bein, de puiser aussi largement que pos-
sible dans leurs écrits, dans les témoi-
gnages contemporains, de secouer la poussière des archives, de sonder
les mystérieux dépôts des églises, de suivre à la piste les pièces offi-
cielles : actes de naissances, de mariages et de décès, contrats de ventes,
reçus môme ou simple signature. Le plus bref document, le plus insi-
gnifiant en apparence, peut éclairer un point resté obscur et ouvrir aux
recherches une nouvelle voie. Il est utile aussi cle demander aux œuvres
capitales des grands créateurs le commentaire de leur vie. Mais nous
croyons que l'on a trop négligé une autre source d'informations, non
moins précieuse et plus intime, plus personnelle : ces pages fugitives,
dues à l'inspiration du moment, confidentes souvent plus sûres des pen-
sées de l'artiste, témoins plus indiscrets de ses menus faits et gestes. A
ce titre, les dessins d'un maître sont souvent féconds en révélations
piquantes et inattendues; après qu'on a épuisé les documents écrits
pour en tirer ce qu'ils contiennent et ce qu'ils ne contiennent pas, qu'on
a commenté à satiété les morceaux importants, l'examen des petits docu-
ments graphiques, feuilles de carnets, esquisses éparses, croquis légers
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