Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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EUGÈNE FROMENTIN

PEINTRE ET ÉCRIVAIN

(dixième et dernier article1)

IX (suite)

ersonne ne contredira Fromentin lors-
qu'il conclut que le génie de Rembrandt
a circonscrit son idéal non dans les
poésies de la couleur, mais dans celles
de la lumière. La lumière est la gran-
deur de ce maître incomparable. De là
un mot nouveau pour exprimer une
idée nouvelle : celui de luminariste.

« Un luminariste serait, si je ne me
trompe, dit Fromentin, un homme qui
concevrait la lumière en dehors des
voies suivies, y attacherait un sens

extraordinaire, et lui ferait de grands sacrifices..... Toute la carrière

de Rembrandt tourne donc autour de cet objectif obsédant : ne peindre
qu'avec l'aide de la lumière, ne dessiner que par la lumière. » Et
Fromentin se résume en cette formule caractéristique : « Tous les
jugements si divers qu'on a portés sur ces œuvres, belles ou défec-
tueuses, douteuses ou incontestables, peuvent être ramenés à cette
simple question : Était-ce ou non le cas de faire si exclusivement état
de la lumière? Le sujet l'exigeait-il, le comportait-il, ou l'excluait-il?

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. XVII, p. 401, t. XVIII. p. 84,
t. XIX, p, 240, t. XX, p. 281, t. XXI, p. 50, 464 et t, XXII, p. 139, 216 et 319.
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