Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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426 GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

térables des collectionneurs parisiens permettront d'établir facilement,
au moyen des œuvres d'art anciennes de la même série, mises à la dis-
position du comité^ une exposition rétrospective du plus haut intérêt.
Nous émettons même, à ce propos, le vœu que, dérogeant aux habi-
tudes, le comité abandonne le système de la division absolue en section
moderne et section ancienne, installées l'une au rez-de-chaussée, l'autre
au premier étage, et les organise parallèlement, de manière à fournir au
visiteur tous les éléments d'une comparaison pour ainsi dire instantanée.
Ainsi pour la série du Métal, qui constitue la première exposition nou-
velle, n'eût-il pas été fort original de former une section bien délimitée du
bronze d'art, clans laquelle on aurait placé d'un côté les œuvres sorties
des ateliers des Barbedienne, des Denière, etc., et de l'autre les merveil-
leux bronzes des collections Basilewski, Piot, Dreyfus, Seillière, etc.; de
donner à l'orfèvrerie un emplacement distinct où sans être confondus,
les Christofle, les Fannière, les Falize, les Froment-Meurice, etc. auraient
eu pour concurrents les maîtres inconnus du moyen âge et de la Renais-
sance, ceux des xvne et xvnr siècles, dont MM. Stein, de Rothschild,
Odiot, Seillière, Gréau, Basilewski ont la bonne fortune de posséder des
chefs-d'œuvre. Ne vous sembTe-t-il pas que cela eût constitué une expo-
sition pittoresque, fort attractive et pleine d'enseignements ?

Il est évident que, pour attirer le public, pour piquer sa curiosité et
développer son éducation artistique, il faut aujourd'hui chercher des
innovations, créer des méthodes nouvelles de classification et de grou-
pement, et lui rendre ainsi les expositions intéressantes par leur origi-
nalité et leur imprévu. Des sociétés privées, si puissamment accréditées
qu'elles soient, ne peuvent renouveler par leurs propres moyens les
colossales expositions organisées au Champ de Mars, au Trocadéro, par
le gouvernement ; les éléments nouveaux, d'ailleurs, feraient défaut, ou
tout au moins seraient difficiles à réunir. C'est pour ces raisons que
l'Union centrale nous paraît avoir été fort avisée d'adopter le système
des séries d'expositions par genres, qu'elle a inauguré cette année avec
le Métal. Mais elle ne pourra, croyons-nous, réaliser tous les avantages
qu'il présente qu'à la condition expresse de l'appliquer rigoureusement.
Aussi avons-nous vu avec regret le comité de l'exposition abandonner
la moitié de la nef aux industries libres qui ont créé là, comme les années
précédentes, un véritable bazar. Cette immixtion d'éléments hétérogènes
diminue le caractère sérieux de l'entreprise et pourrait en compromettre
le succès. L'invasion de ces parasites, de ces bohèmes de l'industrie
parisienne, a toujours été fort préjudiciable à l'œuvre de l'Union centrale
et n'est point étrangère aux mécomptes qu'elle a subis parfois. Nous
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