Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

Page: 531
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1880_2/0567
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
L'ŒUVRE DE JULES JACQUEMART. 531

talent semblait grandir, sa main s'assouplissait et se jouait au milieu
des plus difficiles problèmes du ton et de l'effet avec une aisance plus
grande, son pinceau courait plus rapide. On peut tenir ses dernières
aquarelles de Menton pour les plus parfaites.

Il nous faut maintenant rouvrir le catalogue de son œuvre pour le
terminer. C'est une tâche triste. Nous apprécierons, dans un deuxième
article, le rôle et la valeur de Jacquemart comme aquarelliste. L'exposi-
tion qui sera faite bientôt, nous avons tout lieu de le croire, de ses aqua-
relles, nous fournira les éléments de notre étude. Nous pourrons alors
juger, de plus haut et plus d'ensemble que nous ne l'avons fait, les
mérites de ce grand artiste. Quelques lettres exquises, tout impré-
gnées de sensibilité et de distinction, d'une tournure rapide, d'une élé-
gance délicate, adressées à l'ami le plus intime, M. Queyroy, nous le
feront bien connaître. Comme le disait en termes excellents, il y a
quelques jours, dans le journal Le Temps, notre collaborateur, M. Charles
Blanc, a la France a perdu en Jacquemart un artiste de premier ordre
en son genre, un graveur unique, tel qu'on n'en vit jamais, tel qu'on
n'en reverra plus. »

Avec notre premier article, nous publions une 'charmante fantaisie
inédite que Jules Jacquemart, dans un jour de désœuvrement, esquissa de
sa pointe laplus légère. L'Éclat d'obus, qu'il serait peut-êre plus rationnel
d'intituler : Souvent?* de 1810, fut grave à l'eau-forte après les doulou-
reuses épreuves de la guerre, lorsque notre ami, qui avait hautement et
courageusement fait son devoir, rentra dans son appartement de la rue
Pergolèse et trouva, au milieu des dégâts causés par les projectiles, un
éclat d'obus qui s'était abattu au milieu des plus fragiles bibelots d'une
étagère chinoise. Les petits personnages regardent curieusement l'intrus
et s'en approchent avec les égards dus à sa taille et à sa forme insolite.
La petite scène est traitée avec une grâce pleine d'humour. Ce sont bien
là les inventions de cet esprit charmant qui, ne l'oublions pas, savait
composer à ravir. U Éclat d'obus porte le n° 348 de son œuvre.

Le dernier, portefeuille comprend toutes les planches gravées depuis
1876 et contient dix-sept pièces, dont huit ont paru dans la Gazette des
Beaux-Arts.

379. — Le Christ attaché a la colonne (xvie siècle). — Gemme de la collection
du Louvre. — La figure du Christ est une statuette do 13 centimètres de haut, eu jaspe
sanguin ; la colonne est en cristal de roche ; le piédestal est d'or, orné de figures en
ronde bosse, de bas-reliefs délicatement ciselés et d'animaux. Les taches rouges qui
se détachent sur le jaspe vert ont été adroitement utilisées par le lapidaire, pour repré-
senter le sang coulant des plaies du Christ. — Haut., 0m,380 ; larg., 0m,â80-
loading ...