Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 4. Pér. 6.1911

Seite: 19
DOI Heft: DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1911_2/0025
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
UN MINIATURISTE DE L’EMIGRATION

PIERRE-NOËL VIOLET

(1749-1819)

Naguère encore la miniature passait pour
genre secondaire qu’en raison de son cadre
exigu et de la place prépondérante qu’y tient le
métier, beaucoup se refusaient à considérer
comme un art véritable. Ces préventions ont
peu à peu disparu et l’on commence à s’inté-
resser du moins aux miniaturistes de la fin du
xvme siècle. Encore ne s’est-on préoccupé,
semble-t-il, que des maîtres réputés, laissant
volontairement dans l’oubli des peintres qui
sont de mérite, pour n’avoir eu ni le talent de
premier ordre ni la fortune rare d’un Pierre
Hall ou d’un Augustin. Pourtant, les circon-
stances ajoutent encore de l’intérêt à la biographie de ces mal-
heureux artistes, émus soudain de l’impression très nette qu’ils
n’auraient bientôt plus de raison ni de moyens d’exister, tandis que
sombraient avec le régime ceux dont les goûts de luxe engendraient
leur art de luxe. Ils craignirent même pour leur tête le jour où le
bruit, montant de la rue, de quelque Carmagnole vint troubler le
calme de leur atelier déserté. Ils ramassèrent leurs pinceaux, les
serrèrent avec leur palette et de gracieux modèles de boîtes et de
tabatières dans leur mince portemanteau, puis ils émigrèrent,
allant chercher outre-Manche ou bien outre-Rhin un refuge et un
gagne-pain. Ce fut le sort de Pierre-Noël Violet, comme de bien
d’autres.

P.-N. VIOLET
MINIATURE
PEINTE EN 1787
PAR

JACQUES BOUILLI A RD
(Appartient à Mme iven.)
loading ...