Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 12.1925

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BIBLIOGRAPHIE

Collection Orbis Pictus, éditions françaises.
Paris, Grès, 1922-1924. In-8 ill. — 1. Otto
Weber (trad. Taboulet). — L’art hittite,
18 p., 48 pi.

2. C. Einstein (tr. Burgard). — La sculpture
africaine, 32 p., 48 pl.

3. Othon Burchard (tr. Taboulet). — La petite
sculpture chinoise, 12 p., 48 pl.

4. Florent Fei.s. — Les vieilles tapisseries
françaises, 14 p., 48 pl.

De ces quatre albums, le plus intéressant
et le plus nouveau pour la majorité
des lecteurs est sans doute celui qui
est consacré â l'art hittite. Il est vrai
que ce terme collectif embrasse des produc-
tions bien différentes d’époque, de style, et
probablement de nationalité, et qu'un triage
sérieux reste encore à y instituer. On n’en
sera pas moins heureux de trouver réunis ici
pour la première fois tant de morceaux peu
connus — parfois même inédits — des fouilles
de Boghazkeui, de Sendjirli, de Carchémis et
autres lieux. On apprend avec plaisir que
M. Weber prépare une publication plus éten-
due sur le même sujet. Puisse-t-il réussir à
y apporter un peu plus de clarté que dans
sa préface actuelle, où il semble pécher par-
fois par panhittitisme, si j'ose dire : je ne
crois pas, par exemple, que beaucoup d’orien-,
talistes admettent avec lui que les Assyriens
sont des « Hittites babvlonisés 1 ».

Les spécimens d’art nègre réunis par
M. Einstein proviennent de régions très
diverses de l’Afrique : Yoruba, Bénin, Came-
roun, Congo. Leur époque est presque toujours
indéterminée, et l’éditeur avoue de bonne
grâce que la chronologie et môme l’ethnologie
de l’art africain sont encore à l’état de chaos.
Les bronzes trop fignolés du Bénin (il y en a
de charmants, pl. 6 par exemple) sont suspects

1. Pourquoi écrire (constamment) Halys par deux L ?
L’objet reproduit à la pl. 41 est-il un chapiteau, comme
il est dit p. 14, ou une base de colonne (p. 18) ? Les
curieuses colonnettes ioniques de la pl. 16 (Iasilikaia)
méritaient une mention spéciale.

XII. — 5“ PÉRIODE.

d'influence étrangère; les sympathies exubé-
rantes de M. E. vont plutôt à des œuvres
brutales, mais sincères, comme ce masque
d’un Ekoï (p. 11) ou les sculptures «proto-
cubistes » du Cameroun. Tel vase, supporté
par deux figures accroupies ([il. 17), fait penser
à une coupe grecque archaïque ; tel cavalier
haut perché (pl. 4) à une pièce d’échecs
médiévale. Malgré beaucoup de verbiage, le
commentaire de M. Iï. est fort instructif,
parfois même amusant, grâce à l'assaisonne-
ment du folklore africain.

La petite sculpture chinoise a eu une valeur
d’art indépendante pendant les dynasties Ilan,
Wei, Tang et Soung (200 av.-1200 ap. J. - C. )1 ;
plus tard elle n’est que le reflet de la sculpture
monumentale. C’est donc surtout à ces époques
que M. Burchard a emprunté ses exemples;
les uns sont des objets d'usage, d'autres des
bibelots funéraires; la matière est le jade ou
son succédané la porcelaine, le bronze ou son
succédané la terre émaillée. La série des ani-
maux stylisés ou traités dans un esprit natu-
raliste offre des pièces admirables ; il y a
notamment des tètes de chevaux (époque Han)
qui font penser à Phidias. L'esclave eniniL
touflée (pl. 13) ne serait pas déplacée parmi
les Korai de l’Acropole et quelle merveille
que le petit chien du Musée de Munich (pl. 9)1

Le 4e album ne vaut que par ses planches ;
encore ne sont-elles pas toutes très lisibles,
et qu'est-ce que la tapisserie sans la couleur?
Le texte, pour lequel on a cru devoir se passer
de traduction, offre des exemples trop nom-
breux de charabia et d’inexactitude2; le titre
même ne correspond pas au contenu, car il
s’agit non des < vieilles » tapisseries françaises
en général, mais des plus anciennes du xiv° au
xvie siècle (tenture de l’Apocalypse, dame à la
Licorne, histoires de la Vierge et de Clovis).

T. R.

1. I*. 6, dernière ligne, au lieu de Han, lire Tang- (il s'agit
d’une œuvre de 619 ap. J.-C. !).

2. P. 7 : » quand les Anglais évacuèrent Paris et la
France devant l’armée victorieuse de Jeanne d’Arc(!) ».

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