Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 12.1925

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UNE MADONE DE FIORENZO DI LORENZO

N sail que l’œuvre de Fiorenzo di Lorenzo a été de tout
temps très discutée et c’est à peine si la critique moderne
a pu se mettre d'accord pour reconnaître la main de ce
maître charmant de l’Ecole ombro-llorentine dans un
groupe de peintures très restreint. Il n’est pas jusqu’aux
célèbres panneaux de la Légende de saint Bernardin —
une des œuvres les plus exquises de la peinture italienne
— dont on ne lui ait contesté la paternité pour en attribuer le mérite à ses
élèves Pérugin et Pinturicchio. La publication d’un tableau inédit de ce rare
et mystérieux artiste présente donc un intérêt indiscutable.

Le tableau que nous reproduisons en hors-texte a été découvert par
M. Stepanov qui l’a habilement dégagé, par un patient travail de restau-
ration, des repeints sous lesquels il était enseveli. La Madone qui porte
l’Enfant Jésus dans ses bras est vêtue, conformément à la tradition icono-
graphique, d’un manteau bleu doublé de vert jeté sur une tunique garance.
Le fonds est orné en « graffitto » d’un semis de grenades. L’exécution est
d’un fini rappelant la miniature. Le tableau est peint à « tempera
trattegiata » sur une préparation verdâtre : c’est-à-dire que le modelé est
obtenu par l’opposition de rehauts lumineux avec des ombres hachurées
(trattegiate). Ces hachures sont une des caractéristiques de la technique
du maître et se rencontrent même dans ses peintures de grandes
dimensions.

L’analyse stylistique des formes confirme les observations que suggère la
technique. Nous retrouvons dans la Madone Stepanov tous les signes
morphologiques qui, au dire de Morelli-Lermolieff, caractérisent et défi-
nissent la manière de Fiorenzo di Lorenzo : les oreilles pointues
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