Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 12.1925

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LES PINS ET LA MER, PAR M. A NI) RL 1) AU CHEZ
(Société nationale des Beaux-Arts.)

LES SALONS DE 1925

I. — ARTISTES FRANÇAIS ET SOCIÉTÉ NATIONALE

Il est décourageant d’avoir à répéter chaque année la même chose en
parlant du Salon des Artistes français. Mais comment ne pas dire
- qu'il n’offre plus qu’un très mince intérêt ? En dehors de cette partie du
public français, fort nombreuse il est vrai, qui demande à la peinture
d’être une photographie rehaussée de couleurs, qui n’estime dans un
tableau que le bon travail manuel correctement exécuté, nul ne le prend au
sérieux. Les Artistes français possèdent une clientèle fidèle, celle de la
petite bourgeoisie. Elle manifeste sa dévotion pour l’art en allant le
dimanche visiter « le Salon » en famille, de même qu’elle satisfait son
goût pour la musique en écoutant les flonflons des orchestres mili-
taires dans les jardins publics.

Il se peut que ce Salon n’ambitionne pas d’autre succès. Conserva-
toire des traditions les plus périmées, il est naturel qu’il garde quel-
que prestige auprès de ceux qui constituent la forte armature du pays,
de ceux qui se sont toujours opposés à toute audace, ont dénigré sans
cesse quiconque les dépasse et prétendu ramener à leur niveau les manifes-
tations de l’art et les diverses formes de l’activité nationale.

Sans doute, à les entendre, ces Français moyens sont « progressistes ».
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