Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 12.1925

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L'EXPOSITION DES ARTS DECORATIFS MODERNES

L’AMÉNAGEMENT INTÉRIEUR ET LE MOBILIER

es recherches esthétiques qui, depuis une trentaine
d’années, ont peu à peu modifié la décoration intérieure
de nos maisons ont-elles enfin abouti à la création d’un
style? Car ce terme implique non seulement une concep-
tion générale dans l’emploi des lignes, des couleurs,
des matériaux, des ornements, mais encore une sorte de
consécration par le temps.

Evidemment, l'Exposition de 1925 nous met en présence d’un grand
effort collectif. Mais fera-t-il vraiment date?

On sait ce que furent les tâtonnements et les erreurs des artistes et
artisans entraînés par l’esprit de rénovation entre 1890 et 1900. D’un
réalisme un peu littéraire ou d'un symbolisme un peu trop impressionniste
surgissaient une flore et une faune aux pieds des tables, aux dossiers des
chaises. Le thème de l’insecte ou de la bête étranges, de la corolle échevelée,
des lianes tumultueuses (d’où dériva le trait « en coup de fouet »), se
répandit épidémiquement. Il ne faudrait pas rejeter en bloc ces essais
botaniques et zoologiques mais il leur est arrivé trop souvent d’ètre
absurdes : on ne s'adosse pas à un bouquet de chardons, on ne frôle pas
volontiers les ailes ouvertes d’une chauve-souris vampire.

A ce naturalisme adventice succédèrent des doctrines plus sensées.
Ses premiers tenants sont parmi les meilleurs soutiens des idées qui triom-
phent aujourd’hui. Comme les nouveaux venus, ils se soumettent
d’abord à ce principe : adaptation parfaite de l’objet à sa destination.
Point de beauté pour les objets d’utilité quotidienne, s’ils ne répondent
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