Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 30.1908

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LA STÈLE DE LA FILLE DE CHÉOPS

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Ce temple de la déesse occupait-il l'emplacement de celui dans lequel a été trouvée
la stèle? Aucun document ne permet de l'affirmer et il ne peut y avoir que des pré-
somptions pour qu'il en soit ainsi, car l'édifice est bien, en effet, au nord du Sphinx,
mais à une distance de 300 mètres. Si l'on admet cela, vu l'importance que le sphinx
occupe dans la stèle, il faut en inférer que cette image colossale d'Harmakhis était con-
sidérée comme dépendant du temple d'Isis, et alors il n'y aurait aucun lien entre le
Sphinx et le temple de granit qui l'avoisine. D'autre part, la chapelle d'Osiris de Ro-
satu est apparemment la même dont parle la stèle de Thotmès IV en l'attribuant à
Sokar : <===>\ J^^^ 'Pm ' e^ ^ ^ a Peu ^e Pr°t>abililés pour que ce soit le

temple de granit, car cet édifice est relié par une voie dallée aux constructions placées à
l'est de la seconde pyramide et fait partie des dépendances de la demeure éternelle de
Chéfren. Il se peut que la mention de ce roi dans la stèle de Thotmès IV, 1. 13, se réfère
audit temple de granit.

Tout ce qui, dans la stèle, a rapport au Sphinx est donc de basse époque, une
addition à la copie écourtée d'une inscription ancienne jugée bon de reproduire dans
l'intérêt du temple. Cette constatation faite, s'évanouissent toutes les déductions sur
l'antiquité prodigieuse du Sphinx, et l'on est ramené à interroger le monument lui-
même sur son âge. Étant donné son état de dégradation et les réparations successives
des parties inférieures, il ne nous reste comme objet de recherche que le visage et la
coiffure, ainsi que l'a déjà fait M. Borchardt1.

La coiffure est le /wwv^ qui, en effet, est en rapport avec le sphinx, suivant

le Livre des Morts*. La partie avant qui encadre la figure et tombe sur la poitrine est
ornée de rayures horizontales égales; au contraire, le capuchon d'arrière porte des
bandes de largeur différente, une grande rayure étant accompagnée de deux autres
plus étroites. Cette disposition n'a été trouvée jusqu'à présent que sur des
statues de la XIIe dynastie. M. Borchardt n'avait pu la voir sur des monu-
ments à date certaine que sur des images d'Amen-m-hât III ; des découvertes
plus récentes nous ont livré des portraits d'Usurtsen II ^osuljJ> montrant que
la mode est un peu plus ancienne, car son nemes et le tablier triangulaire offrent une
disposition similaire des bandes. En même temps, les traits de sa figure rappellent
ceux des deux colosses de Tanis, usurpés par Ramsès II, qui ont la même coiffure.
J'attribuerai donc aussi le sphinx de Gizéh à la fin de la XIIe dynastie, à Usurtsen II ou
Amen-m-hât III, plutôt au dernier de ces rois, car Usurtsen a la figure allongée, Amen-
m-hât l'a élargie, et ce qu'on peut distinguer des traits du colosse rappelle assez bien
le faciès de la statue du créateur du Mœris, trouvée à Hawara3.



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etc. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que ce Psamétik-menkh ou son père soit l'auteur

de notre stèle.

1. Borchardt, Ûber das Alter des Sphinx, Berliner Akademic, 1897, p. 752.

2. Naville, Le nom du sphinx dans le Liera des Morts, dans Sphinx, vol. V, p. 193. C'est surtout le
chapitre lxxviii (1. 18, 21, 23) qui établit une relation entre le nemes et le sphinx nommé JH.

3. Catalogue de Gizéh, n° 1370; n« actuel 199.

recueil, xxx. — nouv. skr., xiv. 2
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