Revue égyptologique — 6.1891

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Revillout et Wilcken.

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(sic)

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grec; car il vient confirmer d'une façon admirable tout ce que j'avais dit au sujet des serments dérisoires
contenant : 1° le texte même du serment-, 2° la formule de l'arrêt des juges, en vertu de laquelle le ser-
ment était prêté. (Voir Bévue égyptologique, tome IV, p. 140 et suiv.; t. V, p. 23 et suiv., etc.)

Cette formule nous la retrouvons isolée en grec dans l'ostracon Wiedemann , telle qu'elle avait été
donnée par les juges avant la prestation du serment (opxoç ov Set bjioaai, etc.), et elle comprend, comme
toutes les formules judiciaires démotiques annexées aux serments déjà prêtés, deux hypothèses : 1° l'hypo-
thèse de la prestation du serment qui ferait gagner le défendeur, en éloignant {fcjJJ () de lui son adver-
saire, ou, comme notre texte grec le traduit, en l'en délivrant (arcoXueaôai); 2° l'hypothèse de la non-pres-
tation du serment qui ferait perdre le défendeur et l'exposerait, soit à des dommages et intérêts, soit à
d'autres pénalités.

Mais ce n'est pas encore tout ce que vient confirmer, d'une façon éclatante, l'ostracon Wiedemann.
Dans la Bévue égyptologique (tome V, p. 25 et suiv.) j'avais longuement insisté sur les serments prêtés en
matière correctionnelle ou criminelle par l'accusé. Ce genre de serment, qui semble particulier à la légis-
lation égyptienne, est justement celui que nous retrouvons dans notre ostracon grec. C'est pourquoi dans
le cas de non-prestation du serment le coupable doit être livré à l'épistate.

Il est vraiment étrange que l'on vienne souvent attaquer, au hasard, mes traductions démotiques
quand elles sont toujours confirmées après coup par les textes grecs, toutes les fois qu'on en trouve. Nous
avons déjà vu qu'il en était ainsi pour mon échelle des monnaies égyptiennes, que Bktjgsch avait essayé
de discuter et que les ostracons et autres textes bilingues confirment en tout point. Il en est de même
pour les serments dérisoires, et, nous le verrons bientôt, pour toutes les formes grammaticales que Brugsch
discute aussi, si misérablement, etc., etc.

Ceci me rappelle un curieux incident du dernier jour de ma récente mission de Berlin. C'était au
moment même où j'allais partir. M. Wilcken m'apporta à la salle d'étude, devant plusieurs savants alle-
mands, une série de tessères démotiques portant à Berlin les nos 1657, 1658, 1659, 1660, 1661. 1662, etc.;
et qui, je le constatai immédiatement, se rapportaient tous à des reçus donnés par des prophètes d'Isis
pour la liturgie d'Isis, sous les règnes de Tibère, Claude et Néron, à un personnage nommé Pibek. Je
demandai à Wilcken : N'auriez-vous pas en grec des ostraca concernant des liturgies d'Isis? — Mais non,
me dit-il. — Songez y bien. — Ah! cela me fait penser à des textes que je n'ai jamais bien compris. —
Et il alla les consulter aussitôt. C'étaient, en effet, des reçus du même genre donnés au même person-
nage. Seulement l'impôt, le Sï)[xoctiov en question, n'était désigné par aucun mot vraiment grec. On avait
grécisé les mots égyptiens hon n ese, «prophète d'Isis».* Or je venais de les remarquer dans mes textes
démotiques, à côté de la liturgie, seti, d'Isis. Cette expression Seti (que les contrats bilingues traduisent
letxoupyta) permit même à M. Wilcken, de déchiffrer le mot grec. Grande fut l'émotion causée dans la salle
d'étude par cette petite découverte. Et cependant des faits de ce genre ont été continuels dans nos études
parallèles, de M. Wilcken et de moi.

Je ne saurais dire, du reste, à quel point j'estime ce savant, si intelligent et si laborieux, que nos
lecteurs connaissent déjà et apprendront encore à mieux connaître. (E. E.)

1 Ce mot est corrigé. (W.)

* Le mot barbare dont le sens fut éclairci par les textes démotiques, déchiffrés par M. revillout, est cpevvrjat (= p lien n
ese). Ces textes mentionnent aussi xtjv cpEvvrjaîav. (W.)
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