Revue égyptologique — 6.1891

Page: 63
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Lettee a M. Geoff.

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» qui est sur la Grande Verte, à l'occident du nome de Haq, et dont le nom est Eakoti. Le
»roi qui réunit les deux mondes, Philopator Philadelphe, nouvel Osiris, resplendit dans son
» palais en Vie et Santé. (Puis) il se dirigea vers le temple d'Isis, dame d'A-t Ut'a-t. Il lui
» offrit de nombreuses oies. Il sortit du temple d'Isis, etc.»

Il est clair, par ce texte, que Ptolémée Dionysios fut couronné, comme Ptolémée
Épiphane, à Memphis, par le grand prêtre de cette ville, et qu'il fit dans la salle des pané-
gyries trentenaires les rites consacrés, probablement du serment relatif à l'année traditionnelle.
C'est après cela que le roi alla à Rakoti, où il ne fut pas recouronné, comme le pensait
Brugsch (car ya veut dire resplendir comme le soleil, apparaître en roi, et non être cou-
ronné), mais où il reçut dans son palais les fonctionnaires de l'Etat, La cérémonie se ter-
mina par un voyage au temple d'Isis neb a-t ut'a-t, au sortir duquel il nomma le grand prêtre
Memphite Psère n Ptah comme son grand aumônier. Ce temple me paraît être à Memphis;
car, immédiatement après, l'inscription ajoute que le roi était arrivé à Memphis (au mur
blanc) au jour de la pêche sacrée, etc. etc.

Tout nous prouve donc l'exactitude des renseignements fournis par le commentateur.

2° Ma seconde note concerne les honneurs rendus à Bérénice, la reine des vierges.

Quand on lit, dans le décret de Canope, la description de la statue qui devait être
consacrée à la nouvelle déesse, on est frappé de voir combien cette statue ressemblait à
celle de la Vénus de Phénicie, si fréquente parmi les bronzes de cette provenance et dont
M. de Vogué a publié une excellente reproduction à la p. 20 de son mémoire sur la stèle
de Yehawmelek, roi de Gebal. Notons d'abord que la figure reproduite par M. de Vogué
rappelle tout à fait le type (très jeune) des princesses de la famille des Ptolémées. Mais
ce n'est pas tout : son diadème me paraît représenter exactement celui de la jeune Bérénice.
Bien entendu, le fond de cette coiffure est, comme d'ordinaire, celle d'une Hathor; avec les
cornes et le disque. C'est ainsi que partout sont représentées les Cléopâtre, etc. Mais il y a
ici un détail qui, selon le décret de Canope, fut particulier à Bérénice. Je veux parler de la
présence des deux épis, autour desquels s'enroulait l'ura3us, appuyé lui-même contre un sceptre
de papyrus J, tel qu'en portaient les déesses. Je reviendrai bientôt sur ce sujet dans un tra-
vail spécial. Mais, à première vue, il ne me semble pas du tout impossible qu'Evergète, pos-
sédant alors toute la Phénicie, y ait introduit dans le culte' sa fille, comme Astarté virginale.

Voilà, mon cher ami, les quelques petites observations que je voulais faire à votre
belle thèse. Ce sont plutôt des additions.

Agréez, etc. E. Keviluout.

BEVUE BIBLIOGBAPHIQTJE.

Parmi les livres que nous avons reçus, nous signalerons d'abord de très grosses publications :
1° le Vocabulaire hiéroglyphique de Simeon Lévi, ouvrage de six volumes in folio de 250 à 300 pages
chaque, couronné en 1886 dans le concours du prix royal par l'Académie des Lincei sur notre double rap-
port (celui de M. Pieeeet et le mien) (Atti délia Eeale Accademia dei Lincei, anno CCLXXXIII, 1886).

2° le Livre des funérailles, par mon cher élève, M. Schiapaeelli, dont la partie déjà publiée comprend
un gros volume in folio de texte et trois volumes in folio de planches. La partie encore en manuscrit et
qui nous a été récemment communiquée, est au moins égale. Ce remarquable ouvrage a été couronné sur
notre double rapport de M. Pieeeet et de moi par l'Académie des Lincei dans le concours du grand prix
royal de 1887 {Atti délia Eeale Accademia dei Lincei, anno CCLXXXIV, 1887, vol. III, fasc. II).
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