Revue égyptologique — 6.1891

Page: 153
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Des donations d'enfants a l'époque copte.

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C'est sous Dioclétien que ces conventions sont prohibées le plus formellement; or; il
faut observer que les défenses légales • présupposent un fait plus ancien qui, lors de sa per-
pétration, a paru blâmable au législateur; en un mot, le législateur agit d'après ce qui
existe, mais n'invente pas les délits pour avoir à les réprimer, et cette insistance de Dio-
clétien, — car tous les textes du code que nous venons de citer sont de lui, — doit nous
faire réfléchir, surtout si nous nous reportons à la Novelle 134 de Justinien, chapitre 7.1 Ce
texte, il est vrai, ne prévoit que la mise en gage des enfants et ne désigne pas les pro-
vinces où elle se pratiquait, mais il n'en a pas moins une très réelle importance en ce qu'il
nous montre que, malgré une lutte qui dura pendant tout l'empire, les jurisconsultes n'avaient
pas réussi à maintenir intact, dans toutes les provinces, le principe de l'inaliénabilité des
personnes ingénues. Nous ne devons pas songer à voir dans ce texte une allusion à la
Bretagne, la Gaule ou l'Italie, ces provinces ne faisaient plus partie de l'Empire de Justinien.
Est-ce de l'Egypte qu'il s'agit? On pourrait le croire, sachant avec quelle ardeur ce prince
légiférait pour elle, et combien les vieux usages y étaient persistants. Il faudrait cependant
commencer par démontrer que la mise en gage des enfants était un usage établi et per-
manent; nous sommes au contraire plus portés à le regarder comme un fait accidentel,
résultat local d'une trop grande misère, et que l'on peut rapprocher de la vente des san-
guinolentes sous Constantin. S'il avait voulu viser des conventions semblables à celles réa-
lisées dans les actes coptes, un prince tel que Justinien, toujours occupé de théologie, n'aurait
pas manqué de le dire.

Si cette coutume n'a son origine ni clans la législation arabe, ni dans la législation
romaine, nous ne croyons pas qu'il faille non plus la chercher dans le droit macédonien
d'Egypte. Ici encore on trouve la personnalité de la loi; les Egyptiens avaient bien la
faculté de s'y soumettre par une option formelle ou tacite; mais de pauvres cultivateurs
n'auraient pas eu intérêt à le faire, eux qui, attachés à la culture, voyaient à peine les
riches étrangers venus de Grèce. Du reste, on devrait alors retrouver en Grèce quelque chose
d'analogue, et nous n'en relevons aucune trace hors de l'Egypte.

(La suite prochainement.)

LA SEINE CLÉOPATEE

INVOQUÉE DANS LE SERMENT DE BERLIN.

Dans un serment grec du Musée de Berlin qui a été publié successivement d'une façon
incomplète par Parthey et d'une façon plus complète par Wilcken, on invoque une reine
Cléopatre, appelée «Baat'Xiaaav KAeozaTpav 6sàv «PiXo^xopa Iwietpav*, qui régnait seule à cette
époque, c'est-à-dire suivant la date du serment en l'an 2 : « BaciXeuooaïjç Kleond-tpaq ^i5.z <ïn-

1 Novelle 134, Chap. 7 — Ne quis creditor filium débitons pro debito retinere praesumat. Quia modo
et hujus modi iniquitatem in diversis locis nostrae reipublicae cognovimus admitti, quia creditores filios
debitorum praesumunt retinere, aut in pignus, aut in servile ministerium, aut in conductionem : hoc modis
omnibus prohibemus, et jubemus ut si quis hujusmodi aliquid deliquerit, non solum debito cadat, sed tantam
aliam quantitatem adjiciat dandam ei qui retentus est ab eo, aut parentibus ejus, et, post etiam corporalibus
poenis ipsum subdi a loci judice-, quia personain liberam pro debito praesumpserit retinere aut locare.

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