Revue égyptologique — 6.1891

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Les bilingues selon Brugsch.

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EVXAPICTIAC XAPIN qui n'a aucun correspondant en démotique et En ArAGOJ qui, joint à
EnOIHCEN,1 n'a pas davantage de correspondant et ne pouvait pas en avoir. On sait com-
bien laborieusement les Égyptiens ont traduit ArAGHI TVXHI dans les décrets trilingues où
tout devait être traduit. Mais dans les inscriptions des particuliers on se gardait tout autant
de traduire en démotique les expressions de pure épigraphie grecque que de traduire en
grec les pieuses formules de mysticisme,2 employées alors dans les textes démotiques.

Quand il s'agit de bilingues biéroglyphico-démotiques, nous constaterons une autre dif-
férence. C'est que le démotique, toujours riche en mysticisme, l'est beaucoup moins que les
hiéroglyphes pour tout ce qui concerne Yapparatus mythologique. La religion égyptienne
se simplifiait pour les masses et s'épurait de plus en plus, de façon à se rapprocher en
quelque sorte du christianisme qu'elle préparait.

(La suite prochainement.)

LES BILINGUES SELON BEIIGSCÏÏ.

S'il y a quelque chose de parfaitement connu en égyptien, c'est le nom démotique
d'Apis ,[. On le retrouve à la fois dans les décrets de Eosette et de Canope, répondant
en grec à AI1EI (au datif) et en hiéroglyphes à jj^-3 On le possède également dans une
multitude innombrable de stèles bilingues, parmi lesquelles je mentionnerai le bilingue 137
de Boulaq, les bilingues 7818, 117, 1, 184, 190, 72, 25, 17, 13, 12, 203, 194 du Louvre, etc.
etc. Souvent dans ces bilingues la formule mythologique comprend plusieurs termes accou-
plés. Tel est le cas pour Hari Osiris yent ament J.t/-? -^{okS^ \ = ^ ^ jj^ ^ jf ^^

ou Osor hapi /_ent ament JJ/2__}f^__jf/o îz— — jj"^ e^°- ^aus ^es ^innê'ues 194,4

117, 25 (cf. bilingues 72, 43, 66, C 126, etc.). Souvent aussi (comme dans les bilingues n° l,5
C 126, la stèle démotique n° 3, etc. etc.) au-dessus d'une représentation figurée d'Osiris Apis,
on lit en démotique son nom Osor Hapi. Enfin ce nom d'Osorapis est des milliers de fois
répété dans les stèles démotiques du Sérapéum qui sont conservées, soit au Louvre, soit à
Boulaq, etc. Il en est de même d'ailleurs pour son équivalent, se rencontrant sans cesse dans
les stèles hiéroglyphiques et hiératiques de semblable provenance.

1 En revanche dans cette inscription, heb «prier, prière» n'a pas plus d'équivalent que son syno-
nyme ttel, ujàh'X, dans notre n° 3 etc., etc. (Voir mon second mémoire sur les Blemmyes et l'article sui-
vant.) C'est, pour cela aussi que quand, dans le texte grec des inscriptions, on voulait rendre cette idée
égyptienne de prière, on se servait de l'idée parallèle d''adoration. Les Grecs savaient adorer les dieux,
mais ils ne savaient pas les prier.

2 Les Grecs étaient peu mystiques de leur nature et la charge d'OFFENBAcn et Halévy sur la belle
Hélène rend bien en définitive la façon dont ils comprenaient souvent le rôle des dieux et des déesses. Il
n'y a qu'à lire Aristophane pour en être convaincu.

3 Voir ma Chrestomathie démotique, p. 33, 129, etc.

4 Je publie en ce moment cette très intéressante stèle bilingue dans les Proceedings de la Société
d'Archéologie biblique.

5 Ce même nom se reproduit avec le même titre dans le corps de. la stèle sous la forme la plus

simple.
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