Revue égyptologique — 6.1891

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Eugène Revillout.

en grec, que nous communique M. Jules Baillet, collègue de M. Bénédite à l'école du
Caire et compagnon de ses recherches à Philée.

Quand à cette particularité de Blemmyes écrivant en grec, sur laquelle insiste M. Baillet;
elle n'étonnera personne de ceux qui ont lu nos travaux antérieurs.

Ainsi que je l'avais établi dans mon second Mémoire sur les Blemmyes; les textes que
nous viennent de ce peuple comprennent, — outre les inscriptions Méroïtiques (en carac-
tères sacrés, hiéroglyphiques, ou en écriture vulgaire analogue au démotique égyptien) et
les démotiques égyptiennes, — un certain nombre de documents écrits en grec. Je rappellerai
par exemple l'inscription du roi Psentès; celle d'un autre roi mentionnée par Vopiscus à
propos de Niger, l'allié des Blemmyes, l'adversaire principal de Septime Sévère; l'inscription,
citée par Letkonne, du préfet d'un des rois Blemmyes : toutes inscriptions officielles dont
j'avais parlé dans ce mémoire, et qui, rapprochées d'autres textes grecs ou bilingues publiés
par moi depuis lors et des témoignages de Priscus, d'Olympiodore, etc., prouvent que les
Blemmyes employaient souvent officiellement la langue grecque, comme leurs successeurs
les rois Nobades. La stèle du BaccXiaKoc. des Nobades Silco est célèbre. Et bien voici que
de nouveaux textes nous donnent des rescrits de princes Blemmyes, prenant ce même titre
de Ba,GÙdT/.oc, longuement expliqué "par moi dans mon mémoire déjà cité.

Je vais me borner pour le moment à reproduire la lettre par laquelle M. Baillet nous
signalait d'abord cette intéressante découverte, sur laquelle j'aurai bientôt à revenir :

« Monsieur,

«Pendant mon séjour au Caire j'ai eu l'heureuse chance de déchiffrer des documents
nouveaux relatifs aux Blemmyes.

«Les lecteurs de la Revue égyptologique connaissent bien par vos intéressantes études
l'histoire de ce peuple. Aussi je pense vous être agréable en vous communiquant pour eux
cette bonne nouvelle.

«Mes documents sont rédigés en grec, nouveauté que j'ai signalée dans une commu-
nication que l'Académie des inscriptions et belles lettres m'a fait l'honneur d'écouter.

«L'un d'entre eux renferme une nomination de fonctionnaire sous forme de rescrit. Il
nous apprend le nom d'un roi inconnu des Blemmyes appelé yapayrf» et ceux de ses fils
yapa/^v. yapa.Kcr.vyoup et yapa'I'.s. Un autre est de même ordre que le premier; et le troisième
contient un contrat privé.

«Une étude développée de ces textes paraîtra dans les Annales de la Mission du Caire.

« Agréez, etc. »

On remarquera que les noms royaux yapy.yr^, yapar.z-yo'jp et xapaas ont un aspect tout
aussi étrange que les noms du roi Tererrmen, de l'empereur Psilaan, du roi Pserukanenfi,
du roi Abrahaman, de la reine îviclou, etc., et que les mots blemmyes Arbatenkeri, linat'ep,
boevh et kerni,1 déjà relevés par moi.

1 A propos de ce mot kerni, notons la singulière bévue de Brugsch (Dict. 1468) qui a traduit na
Jcemi na ret n ese par «Kerni des pieds d'Isis». Il faut véritablement n'avoir jamais parcouru les inscrip-
tions de Nubie ou les stèles du Sérapéum pour dire une énormité pareille; car si la stèle d'Hornc/tatef
porte ne kerni oie ret n ese, celle d'Horsiési porte p kerni en ese p ret n ese «le kerni d'Isis, le ret d'Isis».
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