Revue égyptologique — 6.1891

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facsimile
Stèles bilingues.

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Version de Brugsch
Pour le salut de Tibère César (Sebastos)
de la part d'Ainnionios, fils de Claudien, de
l'écrivain, de la côte d'Abydos (?), et de sa
femme et de ses enfants, louange devant
Osiris,

Horus, Isis, les dieux du temple d'Abydos
et devant les divins qui sont installés et de-
vant eux qui seront installés qu'ils soient pro-
pices à celui qui exécute la restauration de la
maison dans le temple d'Abydos(?).

Écrit l'an 17 de Tibère César de celui qui
ci-dessus au temps du 18 tybi des Ioniens,
qui correspond au 1er méchir égyptien.

Version de Revjllout

Au(x) jour(s) du comput (c'est-à-dire sous
le règne, conf. Rosette, Chrest. dêm., p. 13
etc.) de Tibère César Auguste — par la main
d'Ammonius, fils de Claudien, le topogrammate
d'Abydos, et de sa femme et de ses enfants
■— (proscynème placé) à jamais devant Osiris,
Horus, Isis, les dieux du sanctuaire d'Abydos
et les dieux qui reposent avec eux — parce
que c'est lui (Ammonius) celui qui a donné
(pour faire) la restauration de la chapelle
dans le sanctuaire d'Abydos.

Ecrit l'an 17 de Tibère César (nommé) ci-
dessus, dans le temps du 18 tybi des Grecs, qui
fait mécbir 1er des gens d'Egypte. ■

Que dire d'un démotisant qui ne connaît pas même le mot j C/p v%*np hoou « au jour»;
pas plus que le mot ap «compte ou jugement»; pas plus que le mot hotep «reposer»; pas
plus que la particule ^-J^K'^ etbeyep ou ^hv^it (voir une des inscriptions citées
dans mon article sur les nouvelles rêveries de Brugsch), particule correspondant au copte
eTke 2£.e et dont j'ai depuis longtemps cité des multitudes d'exemples (conf. Koufi, XIV,
7 et passim), mais qui, de plus, est employée plusieurs fois dans le rituel bilingue de Pamont,
autrefois copié par Brugsch (! ! !) et où elle traduit Q ^ « pareeque »1 du texte hiéroglyphique
correspondant; pas plus que le verbe ^2 lj> H u Pei ^ naien (|^); cwn^ uous avons ana~
lysé tous les éléments dans notre article sur les nouvelles rêveries de Brugsch; pas plus
que le mot 3*C ^ «toujours», si vulgaire et dont j'ai longuement traité dans mon article sur Les
bilingues selon Brugsch; pas plus que le mot phi ou phia y^A O IHyO o (qu'on transcrirait
en lettres coptes Ti£iôv), «le sanctuaire», tout au long expliqué dans les bilingues'2 et qu'il
confond avec ei (hiérogl. en copte hi(!!!):î qui, dans les bilingues, transcrit tou-

jours //Si^xj) pas plus que la particule ïitoot, marquant l'instrumental dans Rosette et
dans tous les textes; pas plus enfin que le nom d'Abydos, J^iU], si commun dans les
bilingues, et qu'il confond, dans son commentaire, avec le mot nécropole, tout différent dans
Setna qu'il cite et dans tous les contrats et textes divers où on le rencontre — et qui.
cependant, pour cette cause, affecte ici le nom d'Abydos d'un signe de doute — alors qu'il
ose traduire sans signe de doute ou d'hésitation ce dont il n'a pas la moindre idée.

C'est ainsi du reste qu'il avait donné, sans signe de doute et d'hésitation, dans l'expli-
cation de la planche première de sa Grammaire démotique, pp. 199 et 200, comme bout de
traduction, longuement commenté, le seul qu'il eut risqué pour un long contrat de l'an 45 du

1 Voir le facsimile de Brugsch, Taf. VI, 1. 2, 33, 35, etc. etc. Traduire «qui seront installés» est
inimaginable.

2 Pour M «sanctuaire» voir pap. bil. de Londres, pl. 9 et Papyrus gnostique de Leide, passim.

3 Voir son inoubliable commentaire.

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