Chantre, Ernest
Mission en Cappadoce: 1893 - 1894 — Paris, 1898

Page: 27
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LE PALAIS OU ESKI-KONAK

Le palais — l'édifice le plus important de la ville basse, et dont il ne reste que le
soubassement — était de petites dimensions, si on le compare à ceux de la
Mésopotamie. Comme eux, il se dresse sur une esplanade, laquelle s'élève elle-
même sur une autre esplanade d'environ 110 mètres de largeur sur 140 de lon-
gueur. L'édifice avait 42 mètres de largeur sur 57 de longueur; son soubas-
sement était fait en gros blocs de pierre calcaire compacte. La plupart de ceux-ci
s'emboîtaient par des sortes de mortaises comme des pièces de charpente, ce qui
se voit aussi dans l'appareil persépolitain. Quant aux murs, il faut admettre qu'ils
étaient faits de briques plus ou moins crues, comme dans les palais ninivites.
Des trous circulaires nombreux et irrégulièrement dispersés dans les blocs du sou-
bassement ont excité notre curiosité comme celle de nos devanciers. Des noyaux
ou cylindres de pierre, légèrement coniques, de 40 à 45 millimètres de longueur
sur 25 à 33 millimètres de largeur, que nous avons recueillis en quantité dans nos
fouilles, montrent que ces trous ont été pratiqués à l'aide sans doute d'un archet.
Humann pense qu'ils étaient destinés à recevoir des crampons en métal qui devaient
relier entre eux les blocs de pierre des gros murs, comme cela se voit à Mycènes
et ailleurs. Ils étaient plus probablement destinés à recevoir les tiges en bois qui
reliaient les briques des murs.

On dirait que le bâtiment a été rasé, presque au niveau du sol, d'un coup de
sabre. L'assise inférieure offre partout une saillie qui ne dépasse pas 50 à 60 centi-
mètres hors de terre. Mais telle quelle, cette assise suffit pour donner une idée
exacte du plan du palais et de sa distribution.

Notre attention se porta tout de suite sur ce point, car on n'y avait jamais pra-
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