Chantre, Ernest
Mission en Cappadoce: 1893 - 1894 — Paris, 1898

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BUYUK-KALEH

OU EA GRANDE FORTERESSE

Cette forteresse, ouvrage immense qui défendait la ville basse, est située au nord
de l'acropole ou ville haute. Elle domine immédiatement le palais dont elle n'est
guère éloignée dans la direction du nord-est que de 900 mètres à vol d'oiseau. Cette
forteresse est beaucoup plus importante que celles de Yenidjé-Kalèh et de Sari-
Kalèh qui se trouvent au sud et au sud-ouest du palais, et c'est comme telle qu'elle
a reçu le nom de Buyuk-Kalèh.

Après avoir examiné ce qui reste du système de défense que l'on avait établi
sur ce point limité au nord et au nord-est par des abîmes à pic, j'ai fait ouvrir une
série de tranchées dans la partie ouest, c'est-à-dire celle qui regarde le palais.

Des murailles cyclopéennes, rappelant celles de Tyrinthe et de Mycènes, il ne
reste que quelques parties. Elles sont pourtant reconnaissables sur une longueur
de 25 mètres environ ; elles ont 5 à 6 mètres d'épaisseur, mais elles n'ont guère
plus d'un mètre de hauteur. Le point que j'ai choisi de préférence à tout autre pour mes
recherches, est celui sur lequel nous avons recueilli plusieurs débris de tablettes
assyriennes au milieu d'innombrables fragments de poteries des types mycénien et
cypriote. C'est également sur les pentes qui se trouvent immédiatement au-dessous
de ce point, et jusqu'aux environs du palais, que nous avons recueilli la plupart des
textes cunéiformes que nous possédons de cette localité. Nos efforts n'ont été,
hélas! couronnés que d'un succès très modeste. Le sol, remanié plusieurs fois durant
les siècles qui ont suivi l'occupation cappadocienne, a été bouleversé récemment
encore par les pâtres et des tentatives de défrichement faites par les habitants du pays.
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