Chantre, Ernest
Mission en Cappadoce: 1893 - 1894 — Paris, 1898

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INSCRIPTIONS PHRYGIENNES

Durant notre premier séjour à Euyuk, en mars 1893, les habitants que nous
interrogions sur l'existence, dans le pays, d'inscriptions ou de sculptures (pierres
écrites dites en turc yazili tachlar), nous montrèrent deux blocs d'andésite portant
des inscriptions. Ces pierres étaient encastrées dans un mur et à l'intérieur
de la maison réservée aux étrangers (mussafir odassl). Elles y constituaient
l'âtrc du foyer. Bien que fort mal éclairées, Mms Chantre parvint d'abord à en
recopier les caractères qui formaient deux inscriptions, l'une de trois, l'autre de
quatre lignes. J'ai réussi ensuite à dégager la base de ces pierres quelque peu
endommagées par le feu et recouvertes de mortier sur les bords. Après plusieurs
lavages à la brosse, nous en opérâmes enfin l'estampage dont on a pu faire ensuite
à Paris des moulages.

Rentrés en France, nous avons appris que nous avions trouvé des inscriptions
phrygiennes dont on ne connaît encore qu'un petit nombre de spécimens.

De retour à Constantinople, en 1894, en vue d'entreprendre une nouvelle
campagne en Cappadoce, S. E. Hamdy bey, à qui j'avais communiqué l'intérêt de
notre découverte, me pria de faire le nécessaire pour sauver d'une perte probable
ces monuments importants. Bien que mes recherches archéologiques ne m'attirassent
pas de nouveau à Euyuk, je me détournai cependant de ma route pour remplir cette
mission conservatrice. Comme il s'agissait de démolir en partie la mussafir odassi
pour extraire les blocs en question, je ne revins à Euyuk qu'accompagné d'un officier
dezaptiéset de quatre hommes que me donna le mutessarifàeYozgsA. D'autre part,
m'étant muni d'un ordre précis pour le moukhtar (maire) du village, l'opération se
fit sans trop de récriminations, grâce aussi à la promesse d'indemnité qui fut faite
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