Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3.1859

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CORRESPONDANCE PART1CULI ERE

D E L A GAZ E T T E 1 > 1 : S 15 E A U X - A H T S

Florence, 15 juin 1859.

L'abondance des œuvres de sculpture est vraiment admirable en Toscane, où elles
dépassent de beaucoup les produits des autres arts. Parmi ces arts, l'architecture est d;ins
une décadence incontestable : môme en n'avouant pas, avec les critiques les plus sévè-
res, qu'elle est morte, il faut nécessairement convenir que l'architecture est sans origi-
nalité, sans caractère, sans l'ombre môme de génie. Pourtant, depuis vingt ans, les
occasions n'ont pas manqué aux architectes pour exécuter des édifices de beau style.
La plajede Barbano, l'élargissement de la rue Calzajuoli, le prolongement du Lungarno
jusqu'au pont des Cascine, voilà trois entreprises grandioses. Plusieurs masures sont
devenues de grands palais; bon nombre de maisons ont été érigées de la base au sommet,
et pourtant, laissez-moi parler franchement, aucun de ces nouveaux travaux architecto-
niques ne peut être cité comme une preuve de talent et de goût chez les artistes qui les
ont créés. Je ne peux regarder, assurément, sans indignation, la rue Calzajuoli, qui est
une œuvre pourtant très-louable et nécessaire au confort et à l'embellissement de notre
\ille. Vous n'ignorez pas que cette rue joint les deux endroits les plus illustres de Flo-
rence, la place du Duomo et celle de la Seigneurie, autrefois dite du Grand-Duc. Vous
n'ignorez pas non plus que notre cathédrale, création très-originale d'Arnolfo di
Lapo, avec sa coupole de Brunelleschi et la tour de Giotto, est à l'extérieur couverte de-
marbres, et tellement riche de sculptures qu'on peut la dire une merv eille. Vis-à-vis
de la cathédrale, se dresse le baptistère de Saint-Jean, et à côté, la Loggia del Bigallo.
Sur la place de la Seigneurie s'élève, majestueux et terrible, le Palazzo Vecchio de la
république; puis la Loggia dei Lanzide l'Orgagna et le Palais des Offices avec un grand
nombre de statues anciennes et modernes, parmi lesquelles le David de Michel-Ange, un
morceau célèbre. A quelques pas d'ici, vers le Dôme, s'élance très-hardiment Orsan
Michèle, qui était autrefois un portique affecté au commerce, et qui aujourd'hui a été
transformé en église, riche de statues à l'extérieur, et d'un grand travail de l'Orgagna
à 1 intérieur. Supposez maintenant que les édifices récemment ériges pour aligner el
agrandir la rue des Calzajuoli sur d'anciennes el pauvres ruelles, eussenl élé crées
d'après des dessins tires de l'architecture toscane, ou plutôl florentine, du XVe siècle
architecture qui heureusemenl convienl en to it point aux besoins de la vie moderne ,
I «deux places auraient été mises en communication d'une manière convenable : et ce
quartier de la ville aurail rappelé, aussi bien à nous qu'aux étrangers qui viennent
visiter nos trésors, les temps glorieux de la république; el peude pays, pour ne pas
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