Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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GONZALÈS COQUES

ET LA FAMILLE RYCKAERT

'était un homme au type élégant
et bizarre, à l’œil réfléchi, au
maintien aristocratique, à l’air
dédaigneux. Il laissait flotter ses
longs cheveux sur ses épaules,
comme un roi mérovingien. Né à
Anvers, le 8 décembre 1614, de
Willemsen Cocx et d’Anne Beys,
un nommé Henri van Brueseghem
et une nommée Ide Jacobs l’avaient
tenu sur les fonts de baptême *. 11
s’appelait en conséquence Gon-
zalve Cocx, ou Gonzalve le cuisinier. Pourquoi donna-t-il à ses deux
noms une forme espagnole ? Pour satisfaire un genre de vanité qu’on
retrouve à toutes les époques : il voulait ressembler aux maîtres du pays,
faire société avec la race dominante. Son orgueilleuse attitude, sur le
portrait gravé d’après un original peint par lui-même, nous avait fidè-
lement révélé son caractère.

En 1626-1627, il entra dans l’atelier de Pierre Brueghel, troisième
du nom, fils de Brueghel d’Enfer. Il y prit le goût du portrait, que son I.

I. Voici textuellement l’acte de baptême :

« 161t, décembcr 8. Consala. Peeter Willemsen Coc. Anna Beys. M' Henri van
Bruesegheim, Jicken Jacops. »

On ne saurait trop louer la patience exemplaire dont M. Théodore van Lerius a fait
preuve en cherchant cette inscription. Il lui a fallu compulser deux fois tous les re-
gistres baptismaux d’Anvers! Un examen attentif lui a donné la certitude que le mot
Consala, qui semble ne pouvoir désigner qu’une petite fille, a été mis par un scribe
au lieu de Gonzalo, deux volumes ayant été recopiés.
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