Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

Page: 458
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1869_2/0471
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
SAINTE-BEUVE

CRITIQUE D’ART

'article que l’on va lire était rédigé,
composé, prêt à être tiré au moment où
une nouvelle bien douloureuse est venue
nous surprendre. Celui qui en était l’objet,
M. Sainte-Beuve, venait de succomber à
la longue et douloureuse maladie qui n’a-
vait pu altérer ni l’affabilité de son carac-
tère privé, ni la virilité délicate de son
talent.

Nous le laissons paraître tel que nous
l’avions écrit, en ajoutant seulement à la fin quelques pensées plus
générales. Une étude complète sur un critique d’une telle valeur ne sau-
rait s’improviser ni se publier en ébauche. Tenons-nous-en donc à ces
notes prises sur l’un de ses derniers volumes.

En faisant cela, j’exécute un devoir de convenance et presque de
piété littéraire. Ce fut à la Gazette que je dus ma première entrée dans
le cabinet de M. Sainte-Beuve, qui ne cessa d’être pour moi, dans l’épan-
chement des conversations intimes, un guide si indulgent et si sûr, que,
si j’avais pu acquérir quelque chose en ces dernières années, ce serait
à lui que je devrais le rendre.

M. Sainte-Beuve fait chaque année le désespoir des pauvres diables
qui veulent se tenir au courant à la fois des bons livres et des éditions
définitives. Les rayons de leur bibliothèque n’y suffisent pas plus que le
fond de leur bourse. En vain ils se déclareront complets. En vain lors-
qu’ils verront annoncée, à la vitrine des libraires, une édition nou-
loading ...