Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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L’ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

D’APRÈS LA CORRESPONDANCE DE SES DIRECTEURS

(1666-17921).

SUITE DES LETTRES DE POERSON.

5 juillet 1707.

es Allemans disent qu’après l’expédition
du royaume de Naples ils viendront nous
rendre visitte. Pour prévenir ce malheur,
le pape lève des trouppes, outre les mil-
lices des environs d’icy, qu’il a fait venir.
L’on a murré touttes les portes, à l’ex-
ception de trois; l’on a mis plusieurs
corps de gardes dans les rues; enfin il
semble que Ton se réveille après un long
assoupissement. Cependant quelques princes ont renvoyé les gens
armés qu’ils avoient chez eux, et particulièrement Son Ern. M. le car-
dinal de la Trémouille. Nous sommes aussy retourné à nostre palais.
Car, lorsque les Allemans passèrent icy près, ils tentèrent d’entrer dans
la ville, contre leurs parolles, et la canaille, qui est très nombreuse,
n’atendoit que ce moment pour saccager Rome. L’on ne laissa entrer que
les officiers avec leur suitte ; ce qui ne laissa pas que de causer de l’effroy,
par la disposition où se trouvoit le peuple à quelques affreux désordres.
Tous les palais ont esté gardés par des gens armés pendant dix à onze
jours. Madame Poerson, qui est fort dans l’estime de la reine de Pologne,
eut un petit appartement dans le couvent qui se trouve dans son palais,
et cette reine avoit, outre son monde, une garde que le pape luy avoit

1. Voir les livraisons des 'Ier février, 1er avril et 1er mai.
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