Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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ARTISTES DE DIVERS GENRES

FORMÉS PAR RUBENS.

on-seulement Rubens, par une faveur de
la destinée ou plutôt par la puissance de
son génie, devait féconder toutes les sec-
tions de la peinture, mais il était écrit que
les différents arts viendraient à son école,
prendraient ses avis et s’inspireraient de
sa pensée. La sculpture, l’architecture, la
gravure, l’acceptèrent pour maître et pour
juge, quoiqu’elles parussent placées en
dehors de son territoire. Chacun était heu-
reux de lui prêter foi et hommage. On savait quelles magnifiques récom-
penses distribuait ce souverain. Les esprits les mieux doués gagnaient,
se fortifiaient près de lui. On ne touchait pas sa main sans qu’un fluide
magnétique se glissât dans vos veines.

Un de ses plus fervents adeptes fut un sculpteur nommé Lucas Fay-
d’herbe. Il avait vu le jour à Malines, le 19 janvier 1617, et reçut le
baptême le lendemain dans la cathédrale de Saint-Rombaud ‘. Henri
Fayd’herbe, son père, était en même temps peintre, doreur et poète ;
il tenait boutique rue Sainte-Catherine, à l’enseigne du Saint-Esprit. Sa
femme se nommait Cornélie Franchoys. Il fut le premier maître de son
fils et lui enseigna les éléments du dessin. La mort l’ayant surpris au
milieu de cette occupation paternelle, le 16 avril 1629, sa veuve épousa
bientôt après le sculpteur Maximilien l’Abbé. Celui-ci voulut naturelle- 1

1. Tous les biographes indiquent le 20 janvier comme la date de sa naissance ;
mais on conserve à Malinos un journal manuscrit que tenait son père, et ce volume
in-quarto nous apprend, au verso de la première page, que le célèbre statuaire fit son
entrée dans le monde le 19, à quatre heures du matin.
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