Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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CORRESPONDANCE DE LONDRES

25 juin 1869.

insi que je vous l’avais annoncé, M. Grégorv a, dans la séance des
Communes du 4, développé sa motion pour Couverture des galeries
publiques le dimanche. Des pétitions, signées par près de quarante-
sept mille ouvriers de la métropole, appuyaient cette proposition.
L’orateur s’est longuement étendu sur l’interprétation qui devait être
donnée au quatrième commandement, mis en avant par l’opposition
qui lui était faite par les sectes religieuses ; il a fait valoir certains.précédents, qui n’ont
produit que de bons résultats, tels que l’ouverture de la Galerie nationale de Dpblin,
celle de la résidence royale d’Hampton-Court et des jardins royaux de Kew. Il a soutenu
que si l’ouverture des cabarets était tolérée, ce qui constituait un acte de commerce, à
bien plus forte raison les galeries, dont l’entrée avait toujours été gratuite, devaient
s’ouvrir aux populations qui n’avaient pas toujours les moyens suffisants pour aller dans
les environs chercher leurs distractions du dimanche; que si l’on devait observer le
saint jour dans toute sa rigidité, il fallait alors empêcher la circulation rétribuée des
voitures, chemins de fer ou bateaux à vapeur; enfin que la dépense supplémentaire
serait si minime, qu’elle ne saurait un instant être prise en considération en présence
des résultats incontestables que donneraient l’adoption de sa proposition pour l’in-
struction des basses classes.

M. Grégoryaété combattu par l’alderman Mac’Arthur, MM. Chambers et Allen, qui
ne lui ont opposé que les arguments inspirés par l’esprit le plus étroit, les vues les plus
mesquines et que l’on peut résumer ainsi : le dimanche est un jour où l’on ne doit ni
manger, ni boire, ni rire, ni pleurer; ni penser, ni se distraire; mais seulement prier,
chanter des psaumes; et que les moments qui ne sont pas, dans les vingt-quatre
heures, consacrés à ces saintes distractions, doivent être employés à rester dans
une béate oisiveté de corps et d’esprit. On ne s’est pas fait faute non plus de vous
citer, vous autres Français, comme des violateurs du sabbat; sans songer que chez
les Juifs ce jour était jadis celui des réjouissances, celui où l’on revêtait ses plus
beaux habits et où l’on festoyait ses amis. A mesure que l’esprit humain progresse,
il semble que la manière d’interpréter l’esprit des religions devient sans cesse plus
étroite. Enfin, le Parlement a si peu compris l’importance de cette question, que les
opposants, voyant les bancs à peu près vides (sur près de six cents membres, il n’v en
avait pas cinquante), ont fait remarquer que la chambre n’étant pas en nombre, l’affaire
devait être dropped. S’il s’était agi d’une question qui intéressât, non-seulement le
public, mais aussi l’un des partis, chacun se fût trouvé à son poste; mais l’intérêt des
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