Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

Page: 547
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LES

CHEFS-L’QEU'VRE DE LA PEINTURE ITALIENNE

P AR M. PAbL MANTZ1

artout et toujours la notion du beau se
développe parallèlement à la notion du
bien et du vrai, et apparaît avec les pre-
miers symptômes de l’esprit social. Au
nord, le barbare, qui ne connaît encore
que l’outil de pierre, se plaît déjà à
retracer des combats de rennes. Dans
une île de la Méditerranée, à Santorin,
on découvre des vases finement décorés
dans les habitations d’hommes qui igno-
raient l’usage du bronze. Au midi, chez
les peuplades les plus sauvages, on constate un goût très-prononcé
pour les ornements géométriques rehaussés par l’éclat des couleurs.
Ainsi donc, la recherche du beau se rencontre sans exception là où des
hommes vivent en société, et les Huns et les Vandales eurent beau amas-
ser sur notre continent les brumes épaisses et glacées de l’ignorance, ils
ne purent éteindre complètement la flamme sacrée de l’art. Après leur
passage sur l’Europe, comme l’a fort bien dit M. Mantz, « le monde an-
tique n’était plus qu’un souvenir presque effacé; mais il parlait encore
aux yeux par les monuments en ruine, il parlait à l’oreille par le lan-
gage, qui, même aux lèvres des moins instruits, gardait sa poésie et son
accent. » Cependant si la tradition ne disparut pas en entier, sa clarté
très-affaiblie, incertaine et vacillante, pouvait difficilement guider les
hommes vers un avenir meilleur. Au milieu de l’obscurité profonde qui

1. Ouvrage contenant vingt planches chromolithographiques et soixante-dix planches sur bois. Librairie
Firmin-Didot.
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