Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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LE PORTRAIT DE LÉON XIII.

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pectabilité, que tant qu'il y aura dans notre pays un grand peintre ou un
grand sculpteur, amoureux de la forme humaine, il y aura place auprès
de lui pour un grand graveur. Le préjugé à cet endroit est si puissant
chez nous que je n'oublierai de ma vie l'idée fixe qui poursuivait Dela-
croix de rencontrer le graveur, le vrai graveur, qui traduirait le dessin
expressif de ses compositions. Mais, quand même la gravure au burin,
se reconnaissant vaincue par la photographie, renoncerait à la repro-
duction des tableaux des peintres ou des groupes des statuaires, et aban-
donnerait à tout jamais cette lutte si intéressante pour tous les vrais
amis de l'art, d'un homme de talent cherchant à s'approprier une œuvre
de génie, la Lutte de Jacob contre l'Ange, —les portraits de M. Gaillard,
et particulièrement son Léon XIII, sont là pour prouver que la gravure
telle qu'il la comprend, avec toutes les ressources dont peut user un
artiste pour produire dans sa dernière perfection l'image qu'il a créée,
image supérieure à ce qu'eût pu donner le dessin du portraitiste ou la
libre pointe de l'aquafortiste, cette gravure-là aura éternellement sa
raison d'être, tant qu'il y aura un artiste pour la pratiquer et un ama-
teur qui sache apprécier une œuvre d'art dans sa forme la plus accom-
plie.

PU. DE CHENNEVIÈRES.
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