Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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L'ŒUVRE

GRAVÉ

DE

REMBRANDT.

incontestables de l'art des temps modernes, qui semblait réservée aux
jouissances exclusives de quelques délicats ayant le loisir d'aller frap-
per aux portes des cabinets de Paris, d'Amsterdam ou de Londres, et
de très rares favorisés de la fortune ayant eu l'insigne fortune de pou-
voir réunir les plus belles pièces du maître, — l'œuvre de Rembrandt,
dis-je, est aujourd'hui, grâce aux découvertes récentes de la photogra-
vure, mise en circulation et placé à la portée de tous ses admirateurs.

On m'objectera que le prix de cette reproduction, —• 500 francs, —
est encore bien élevé et par suite inaccessible aux bourses modestes.
Cela est vrai, quoique à regarder de près, le prix de 500 francs soit
aussi restreint que possible, pour un ouvrage qui comprend un fort
volume de texte de format in-folio, tiré avec luxe sur beau papier et
351 planches en creux de format in-folio demi-colombier et grand in-folio
imprimées sur Hollande à la presse à bras ; mais les artistes, les curieux,
les travailleurs de toute sorte, pourront feuilleter et étudier à leur aise cette
reproduction dans les salles de lecture des bibliothèques publiques; ils
pourront même en acquérir à bas prix des planches séparées. L'œuvre
de Rembrandt pourra pénétrer dans les régions les plus éloignées du
monde et s'y révéler auprès de ceux qui ne le connaissaient que de nom.

C'est là un résultat considérable et dont l'honneur revient à notre
éminent collaborateur, M. Charles Blanc.

Le texte de cet ouvrage, l'œuvre décrit et commenté, est déjà ancien.
Une première édition, parue en 1853 sous le titre : V Œuvre de Rem-
brandt y reproduit par la photographie, décrit et commenté par
M. Charles Blanc (in-folio), ne contenait que cent reproductions, avec
leur texte explicatif; ces fac-similés photographiques étaient, on le com-
prend, d'une exécution inférieure. En 1859, une seconde édition, d'un
prix moins élevé et de format in-8°, fut publiée en trois fascicules chez
Gide et Bauclry; elle contenait la description raisonnée de l'œuvre dans
son entier. Elle fut suivie peu après de la grande et belle édition de 1861.

Cet ouvrage répondait à un vœu général. Les iconographies anté-
rieures étaient toutes plus ou moins incomplètes et inexactes, quelques-
unes fort rares et par suite fort chères. La première, celle de Gersaint,
augmentée des notes de Pierre Yver, marchand d'Amsterdam, n'était
pas sans mérite. Adam Bartsch, un iconographe du plus haut mérite, fit
paraître son Catalogue de Rembrandt en 1797. Pour le temps où il parut,
le travail de Bartsch était extrêmement remarquable. Celui-ci mit non
seulement à contribution les richesses du cabinet de Vienne qu'il avait
été chargé de mettre en ordre, mais il vint à Paris où se trouvaient trois
des plus beaux œuvres de Rembrandt qui aient été formés : d'abord ceux

XXII. — 2e PÉRIODE. 57
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