Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 1.1920

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PANNEAU DÉCORATIF, PAR M . MARGE L-ROLL
(Société Nationale des Beaux-Arts.)

LES SALONS DE 1920

(premier article)

LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS

I

La guerre finie, le dernier lit d’hôpital enfin replié dans la tristesse
ardente du souvenir, la Société Nationale ouvre toutes ses portes et
se découvre à nos yeux inquiets dans l’éclat de sa trentième année. Le
régime a pesé sur elle des restrictions qui nous gouvernent: à une époque
où la toile se paie au prix de la dentelle et où l’huile ne se répand plus
inutilement, on économise jusqu’aux chefs-d’œuvre. Il ne faut donc pas
arriver avenue Victor-Emmanuel III avec des yeux trop brillants de désir,
pour n’y point tomber dans une déconvenue, mais s’apprêter avec sagesse à
des joies sans violence.

Toute florissante qu’elle soit, la Société a été diminuée par des dissidences
illustres, et la sortie de M. Dagnan et de M. Injalbert pose des problèmes
autour de son existence même. Elle a été appauvrie surtout par le passage
de la mort. Le dernier parti nous manque plus que tout autre: Roll fut pen-
dant quinze ans le vrai maître de la maison, celui qui préside et domine par
l’autorité persistante de son art comme parla noblesse de sa pensée et la bien-
faisance de ses manières, — Roll, de qui vient André Michel, avec une
singulière sûreté d’intelligence, de dérouler dans la Gazette1 1 œuvre etla vie.
Qu’il ne soit plus là nous déconcerte, que ne soit plus là sa silhouette puis-
sante et haute, que n'abaissait point l’âge, ni le regard bleu, tendrement

i. V. livraison de février 1920, p. 106 et suiv.
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