Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 21.1899

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LES INSCRIPTIONS COPTES DE FARAS

Hérakleios, Priskos, Ekdikios* (km titioc), Eutichios (mtitioc)', Leontios,

Melitôn, Akakios (euwnn. . .), et d'autres noms encore dont l'identification est moins
frappante et la conservation moins sûre, et que j'ai omis ici, mais qu'au besoin on par-
viendrait à réduire à leur forme originale3. Bref, cet ensemble de noms que l'inscrip-
tion présente aux lignes 3-22 de la première colonne, aux lignes 1-2 et peut-être jusqu'au
deuxième tiers de la seconde colonne, de plus à la ligne 3 jusqu'à la fin de la troisième
colonne, toute cette suite de noms propres n'est autre chose qu'une partie du catalogue
des quarante martyrs de Sébaste, ville d'Arménie. Aussi le chrétien égyptien auquel
nous devons l'inscription de Faras a-t-il pris soin d'indiquer au lecteur ce qu'elle con-
tient avec des mots, dont on découvre les restes très mutilés et très incohérents clans les
deux lignes, qui, dans les colonnes I et II, précèdent la nomenclature. Voici comment
il en faut restituer le texte :

itô/i' ne ïïp^n JÂiieojuie ium^p*

C'est-à-dire : « Ce sont les noms des quarante martyrs de la ville de Sébaste. »

La formule Sator arepo est précédée par une indication analogue (col. II, 7-8),
mais qui, dans l'état qu'elle présente, exige des corrections. Peut-être suffit-il de lire
n«à* «e îïpiMi au lieu de &meAip«,n.. Alors on a la phrase [ji]*ï ne ïïpd,nnqnT îïnexc, que
l'on peut traduire : « Ce sont les noms de vers du Christ. » La supposition qu'il y aurait
à faire serait que ces noms eussent été censés enseignés par le Christ qui aurait voulu
donner aux croyants un moyen de se défendre des reptiles nuisibles.

Hors de cette formule, il y a dans les colonnes I—III des groupes de mots, notam-
ment aux lignes 25-28 de la colonne I et 3-6 de la colonne II, qui ne semblent pas se
prêter à une identification quelconque avec aucun des noms qui forment la série tradi-
tionnelle des martyrs de cette ville d'Arménie. Comme ce mot iucot*. . ., qu'on trouve
au commencement de la colonne IV, ils appartiendront à une énumération particulière.

Quant au reste de la colonne IV de l'inscription cle Faras, c'est une quatrième liste
de noms. Pour apprendre comment cette liste-là s'appelle, il faut réunir la ligne 24 de
la colonne I aux lignes 2 et 3 de la colonne IV. Après des corrections légères, on y lit
alors : ne>â" ne ïïpeJn] [îinc^iyq] ïïujHpeuj^HjjuL nec^ecoc. C'est-à-dire : « Ce sont les noms
des sept adolescents d'Éphèse. » Les lignes qui suivent cette notice ne contiennent que
cinq noms au lieu de sept4. Mais ce sont des noms qui figurent dans l'un des catalogues
traditionnels des sept dormants. Ce sont les noms d'Achillidès, Diomedès (c'est ainsi
qu'il faudra lire au lieu cle -^ionoTs-. ..), Sabbatios, Probatios, Eugenios, qui se trouvent

1. C'est VEtdicius des Acta Sanctorum, Hœcdictius des Actes de Saint Gorgonios.

2. Cet Eutichios serait identique au martyr qui d'ailleurs est appelé Euticius, forme plus voisine de l'or-
thographe de l'inscription copte.

3. C'est ainsi que ru... (col. III, 9) doit être niKevAÀoc, que kô,.uuuo (I, 20) peut représenter Domnos,
que clans KTpH... il faut peut-être chercher Kyriôn.

4. Peut-être faut-il omettre ïincc>.ujq (sept) et lire [n]nujHpeujH.sm au lieu de ïïujHpenjHJUi.. Quant au
nombre des dormants d'Éphèse, les différentes traditions qui les concernent ne sont pas d'accord. Quant aux
noms, on peut comparer le livre de John Koch, Die Siebenschlàferlegende, ihr Ursprung und ihre Verbreitung
(Leipsic, 1883), p. 5, 85 et 117.
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