Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 21.1899

Page: 136
DOI issue: DOI article: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/rectrav1899/0147
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
136

LE NOM D'UN DES CHIENS D'ANTOUF

les catalogues provenant des Actes grecs et des Actes imprimés aux Acta Sanctorum,
les catalogues coptes des quarante martyrs commencent par le nom de Dométianus- Ils
auront été donc empruntés non au Testament ou à un document d'origine analogue,
mais à des Actes des martyrs d'Ephèse. L'ordre des noms a été beaucoup altéré, comme
c'est la règle dans les textes écrits habituellement en colonnes. La série de noms des
sept dormants, qui est dans l'inscription de Faras, se retrouve dans le catalogue du
livre magique de Leyde, à l'exception du nom d'Eugenios, qui y est remplacé par Alla-
tios. Au lieu d'Achillidès, il y a là Archillitos, qui est plus près de YArschaledès
des Ethiopiens. Dans un manuscrit sahidique, que Zoëga a enregistré (Catalogue,
p. 241), les mêmes saints d'Éphèse, que mentionne l'inscription de Faras, sont appelés
Archelidès, Diomedès, Sabbadios, Probatios, Eugenios.

LE NOM D'UN DES CHIENS D'ANTOUF

par

G. Maspero

J'ai rapproché il y a longtemps déjà le nom de chien ^J '^^.<:y:> '^r ^u berbère
abaikour\ et ce rapprochement a été accepté en général par ceux qui se sont occupés
de ce sujet2. Je crois pouvoir maintenant expliquer le nom d'un des autres chiens
d'Antouf, ^^«amaq, Daressy l'a comparé à la racine DKL, être joint,

parce qu'il traduit la partie égyptienne de la légende, ainsi qu'il suit3 : On se sépare de
tout, excepté de lui, ou, en d'autres termes, l'inséparable. J'ai donné, il y a plus de dix ans,

la traduction, la marmite ardente, bouillante'', mais le terme __^, connu dans

les textes des Pyramides3, — où la signification marmite est prouvée par le déterminatif
Q, à côté du déterminatif ^£j7 qui montre une bassine, — pourrait être rendu plus
exactement le bassin, le plat, à cause du déterminatif ^37, ici le plat à faire bouillir.
Le sens qui domine dans ce nom, c'est celui de marmite, bassin, poêle, plat, et c'est
lui qu'on a chance de retrouver dans le nom berbère dont l'égyptien nous donne la
signification. Et de fait, les différents dialectes berbères nous fournissent un mot,

aoujera, (Ouarégla), vase, et, avec la forme en T initial, tajera, (Mzab),

plateau, puis tagéré, \," (Zénaga), assiette, de la racine GR6. Le mot écrit taqarou,
par le graveur égyptien, signifiait marmite, poêle, plat à faire cuire, dans le dialecte des
Berbères voisins de l'Égypte, comme le prouve l'épithète . Le chien d'Antouf,

Taqarou, Tagarou, jouissait, somme toute, d'un nom analogue à celui de Marmiteau,
Marmitaud, que portent beaucoup de nos chiens dans le Morvan et dans les autres
provinces du centre de la France.

1. Mélanges de Mythologie et d'Archéologie égyptiennes, t. III, p. 331-332.

2. Daressy, Remarques et Notes, § XVIII, dans le Recueil de Travaux, t. XI, p. 80;' Basset, Les Chiens
du roi Antef, dans Sphinx, t. I, p. 89.

3. Daressy, Remarques et Notes, § XVIII, dans le Recueil de Travaux, t. XI, p. 80.

4. Mariette-Maspero, Monuments divers, p. 15.

5. Voir Ounas, 1. 513, et Teti, 1. 326.

6. Basset, Étude sur la Zenatia du Mzab, p. 82-224.

chalon-sur-saône, imprimerie française et orientale de l. marceau, e. bertrand, succr
loading ...