Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 21.1899

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I

LA TOMBE DES VIGNES A THÈBES

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LA TOMBE DES VIGNES A THÈBES

PAR

Philippe Virey

J'ai supposé que cet office était célébré dans les temples1. Le mystère qu'on y
figurait se rapporterait, comme nous l'avons vu, â la doctrine des transmigrations de
la vie, reprise plus tard par Pythagore. C'est le mystère de Bacchus ou Osiris. et de
Cérès ou Isis, avec des symboles exprimant aux initiés la théorie de la reproduction des
existences, et du perpétuel renouvellement de la vie dans la nature. La cérémonie se
compose de trois actes : 1° le passage vers l'autre monde; 2° l'appel ou l'invocation à la
Divinité, accompagnant la consécration des offrandes; 3° l'action de la Divinité et la
création d'une nouvelle existence; la Divinité est ainsi la force mystérieuse qui préside
à la formation de la vie.

Au tombeau de Rekhmara, le premier acte se passe devant la chapelle d'Hathor,
qui est comme l'antichambre de l'autre monde ou de la demeure divine, et qui corres-
pond à la première partie du temple. Le second acte se passe dans la salle ousekht du
temple, devant Anubis, considéré comme l'introducteur et le guide dans l'autre monde;
le troisième acte devant le sanctuaire d'Osiris2, d'où sortira le principe de la vie
nouvélle. Ce principe se développe dans les asiles mystérieux que symbolisaient les
chambres situées après le sanctuaire, au fond des temples égyptiens.

Au tombeau de Sennofri, un grand nombre des scènes de ces différents actes sont
encore reconnaissables; mais l'ordonnance, comme je viens de le dire, n'en est pas aussi
régulière. Au registre supérieur, après une grande lacune causée par la chute de
l'enduit qui portait la peinture, on voit quatre taureaux conduits par un personnage
presque entièrement effacé. Ces taureaux amenaient sans doute le traîneau funèbre ';
ils faisaient partie du domaine du défunt7' et devaient être sacrifiés aux quatre points
cardinaux. Un homme qui les guide, tenant.....(?), est accueilli par un autre per-
sonnage qui tient un manuscrit déroulé et un bâton (?); c'est peut-être le kher-heb,
qui récite les formules autorisant le défunt à passer dans l'autre monde5.

Puis, un défilé des porteurs du mobilier funéraire0, précédés de porteurs d'of-
frandes7.

Le second registre commence par une scène fort détériorée, à cause de la grande

1. Tombeau de Rekhmara, p. 67-68. D'ailleurs, l'office dont les détails sont figurés sur les parois des
temples ne semble guère différer plus sensiblement de l'office des tombeaux de Rekhmara et de Sennofri que
la messe célébrée chez nous le dimanche ne diffère de la messe des funérailles.

2. Au tombeau de Sennofri, le défunt lui-même, à la fin de la cérémonie, sacrifiera à Osiris Khont-Amenti,
et à Hathor, déesse de l'Occident. Anubis recevra simplement, au cours de la cérémonie, l'encensement des
officiants.

3.. Tombeau de Rekhmara, p. 75, 1. 6; pl. xxi.

4. Id., p. 75, note 6.

5. Id., p. 76, 1. 1-5; pl. xxi.

6. Id., p. 83-84, pl. xxii.

7. Id., p. 81-83, pl. xxiii-xx1v.
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