Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 21.1899

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LA SOURCE DIVINE ET GÉNÉRALE

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LA SOURCE DIVINE ET GÉNÉRALE, CONCEPTION CHALDÉENNE

DANS LES MONUMENTS FIGURÉS DES COLLECTIONS A PARIS

PAR

l'Abbé Bourdais

I. — Veau profane en rapport avec la source divine

En apportant, dans la faible mesure de mes forces, après d'illustres représentants
de l'archéologie chaldéo-assyrienne, une contribution à l'étude de la conception chal-
déenne de la source divine et générale, je commence par distinguer, d'avec la figure de
cette eau divine et de tout ce qui se rattache à sa représentation, la représentation des
eaux ou ces eaux elles-mêmes,, envisagées dans leur réalité naturelle et figurant parfois
dans les mêmes monuments, comme l'image d'un astre en regard de celle de la divinité
sidérale, ou comme l'objet signifié auprès de son propre symbole.

M. Heuzey a signalé1 ce cours d'eau, représenté par trois gros traits parallèles et
ondulés, qui passe au bas de la gravure du cylindre royal de Sargani-Sarluh2, et sous
tout le sujet lui-même dédoublé symétriquement. Ce fleuve, c'est un cours d'eau tel
qu'il se présente dans sa réalité physique, comme sont le Tigre et l'Euphrate, qui fer-
tilisent la large vallée où fleurit jadis la brillante civilisation chaldéenne. Sous ce rap-
port de la distinction entre le caractère sacré et le caractère profane que peut présenter
un même objet, ce fleuve diffère du jet d'eau jaillissant du vase entre les mains du
dieu, sur le même cylindre.

Plus nettement différent, sous le même point de vue, est le fleuve figuré sur un
cylindre du Louvre, sur lequel personne, me semble-t-il, n'a appelé l'attention des assy-
riologues3. Ce cours d'eau, considéré comme appartenant à la géographie physique, réelle,
non sacrée, est indiqué seulement par deux filets horizontaux à peine ondulés. Des tiges
feuillées, des roseaux ou mieux des blés se dressent aux extrémités et attestent la fer-
tilité, caractérisent la nature des produits d'un sol arrosé par ces eaux. Une barque
glisse sur celles-ci. Recourbées en crosse, sa proue et sa poupe s'élèvent à la hauteur
d'un homme debout dans l'embarcation. A l'arrière de cette dernière, un rameur gou-
verne à l'aide d'un aviron. Deux autres personnages se tiennent dans la barque. Or, des
épaules de celui du milieu s'élance le double jet d'eau divine, que nous étudierons en
lui-même dans la suite de ce mémoire.

Ce n'était plus la simple représentation de l'eau des cours d'eau naturels, considérés
comme tels, c'était leur eau même qui offrait la fraîcheur, le rafraîchissement, au-
devant de la façade du palais chaldéen de Tello, dans la cavité du bassin sur les deux

1. Les Origines orientales de l'Art, livr. 3 et 4, p. 164.

2. Collection Le Clercq, cyl. n° 46.

3. Louvre, Salle des petits Monuments asiatiques, vitrine I, casier supérieur, rangée 3.

RECUEIL, XXI. — NOUV. SÉR., V. 23
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